Avec l'aide de la direction d'EDF, le gouvernement a réalisé le plan Hercule, qui vise à scinder l'entreprise en deux, sur le modèle déjà appliqué pour les télécoms… De sorte à permettre davantage de concurrence. Malheureusement, dans le cas de l'électricité, cela pourrait retomber sur les consommateurs.
Projet Hercule : pourquoi vous devriez vous attendre à payer votre électricité de plus en plus cherIstock

Concurrence et privatisation. Faudra-t-il se remémorer Emmanuel Macron comme le fossoyeur du service public Français ? Certains diront peut-être que le chef de l’Etat a modernisé l’appareil économique hexagonal, d’autres qu’il a, en effet, joué sa partition en la matière. Dans un cas comme dans l’autre, rappelait Marianne dès 2019, il serait peu honnête de tenir le président pour seul responsable de la situation actuelle : la politique menée par l’exécutif poursuit une logique en vigueur depuis des années déjà. Et nos confrères de rappeler entre autres les privatisations, les coupes budgétaires et les fermetures de gares survenues ces trois dernières décennies…

Depuis deux ans, un chantier en particulier inquiète les syndicats. Il s’agit du projet Hercule, contre lequel milite notamment la CGT. Ce dernier, explique le site d’information spécialisé en sciences économiques et sociales Alternatives Économiques, prévoit la scission d’EDF en deux blocs distincts. Avec d’un côté la nationalisation du nucléaire et, de l’autre, l’introduction de davantage de concurrence dans le système de production, d’acheminement et de commercialisation de l’électricité. Un véritable "démantèlement" du service public de l'électricité, arguent les syndicalistes, qui répond notamment aux directives de Bruxelles, dont l’amour pour la concurrence n’a jamais été objet de secrets.

Projet Hercule : peut-on vraiment créer un marché de l’électricité sans que cela ne coûte plus cher aux consommateurs ? 

Parfois, cela peut s’avérer problématique. Dangereux, même, pour les économies des consommateurs - ou la cause environnementale.

C’est précisément le cas aujourd’hui, explique l’économiste Alexandre Delaigue. "Nous avons fabriqué une concurrence artificielle et paradoxale par idéologie", résume-t-il d’entrée de jeu. "EDF est une entreprise publique, qui a bénéficié de gros investissements de l’Etat lesquels ont notamment permis la création du parc nucléaire. Aujourd’hui, elle se retrouve légalement contrainte à subventionner ses concurrents. Ce qui se fait actuellement au détriment des consommateurs", poursuit-il.

Une situation qui résulte de l’action conjointe d’une coalition hétéroclite, où l’on retrouve notamment les parangons de la mise en concurrence, certains écologistes anti-nucléaires qui y voyaient l’occasion de faire avancer des sociétés misant sur l’énergie renouvelable et des entrepreneurs prêts à tout pour s’attaquer à EDF, indique encore le professeur, qui enseigne à l’université de Lille. Et qui pourrait s’aggraver avec le projet Hercule…

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