La dépendance n'est pas une période simple à vivre. C'est même un véritable obstacle. C'est pourquoi l'Etat a prévu un certain nombre de coup de pouces financiers. Philippe Crevel, économiste et directeur du Cercle de l'Epargne revient pour Planet sur ce qu'il faut savoir.
Déduction d'impôts, aides... Les avantages fiscaux qu'apporte le grand âgeIstock

Planet : De plus en plus de Français font aujourd'hui face à des situations de dépendance. Emmanuel Macron prévoyait d'ailleurs un plan dépendance pour les aider à mieux vivre une telle épreuve. Pour celles et ceux qui ne peuvent patienter, des solutions existent-elles d'ores et déjà ? Quelles sont les aides auxquelles ils peuvent prétendre ?

Philippe Crevel : Depuis une quinzaine d'années, la France attend une grande loi sur la dépendance afin de régler le problème de son financement. Depuis le début de cet été, une réforme a été engagée avec la création d'une nouvelle branche de la Sécurité sociale en charge de la dépendance. Un texte précisant les modalités de fonctionnement de cette branche est attendu d'ici la fin de l'année. 

Ce sujet est très sensible au sien de l'opinion publique car au fur et à mesure de l'avancée en âge des générations du baby-boom, le nombre de personnes dépendantes est en progression, Il devrait doubler d'ici le milieu du siècle.

D'après l'enquête Capacités, Aides et Ressource des seniors auprès des ménages de 2015 réalisée par la DREES, le service statistique du Ministère de la santé et des solidarité, 2,1 millions de personnes âgées de plus de 60 ans sont dépendantes. 1,5 million vivent à domicile et 600 000 résident dans un établissement spécialisé. 10 % de la population de plus de 60 ans est donc considérée comme dépendante. 

En incluant les dépenses de santé, celles liées à la perte d'autonomie et à l'hébergement, le coût global de la perte d'autonomie des personnes âgées était estimé à près de 30 milliards d'euros en 2014, dont 80 % sont pris en charge par les pouvoirs publics. Pour le moment, le financement de la dépendance repose en grande partie sur l'assurance maladie et les départements tout en laissant un reste à charge important pour certaines familles. 

Les personnes dépendantes peuvent bénéficier de l'Allocation pour Perte d'Autonomie (APA) dont le montant est fonction de leurs revenus et de leur état de santé. L'APA est la principale allocation visant à répondre au problème financier de la dépendance. Cette allocation permet aux personnes âgées dépendantes de financer des dépenses engendrées par l'accompagnement dont elles ont besoin au quotidien : aide technique, aide professionnelle à domicile, soutien aux proches aidants. Elle est accordée sous condition de ressources et en fonction de l'état de santé du bénéficiaire. 

3,8 % des personnes âgées de 60 ans ou plus perçoivent l'Allocation Personnalisée d'Autonomie, soit 1,2 million de personnes. 59 % vivent à domicile et 41 % en établissement. Entre 2008 et 2013, le nombre de bénéficiaires a augmenté de 11 %. 90 % des bénéficiaires ont plus de 75 ans. Trois-quarts des bénéficiaires de l'APA sont des femmes et la moitié a plus de 85 ans. 

L'APA coûte plusieurs milliards d'euros chaque année

Les prestations versées dans le cadre de l'APA s'élèvent à plus de 5,5 milliards d'euros. Elles représentent le cinquième des dépenses publiques à la dépendance. Selon une étude du Ministère des Solidarités et de la Santé. 

La durée moyenne de perception de l'APA est de 3 ans et demi. Pour les hommes, cette durée est de 3 ans et pour les femmes de 4 ans. Les hommes commencent à percevoir l'APA plus tôt, à partir de 81 ans et demi en moyenne, contre 83 ans et demi pour les femmes. Les hommes sont, en moyenne, moins dépendants et plus souvent pris en charge uniquement à domicile. En revanche, les femmes sont plus souvent prises en charge uniquement en établissement et perçoivent l'APA.

L'APA n'est pas soumis à un plafond de ressources mais est fonction de leur montant. Par ailleurs, elle varie en fonction du degré de dépendance. Les personnes âgées disposent aussi d'un crédit d'impôt majoré pour les aides à domiciles. Dans le cas de l'APA à domicile, le plan d'aide prévoit le nombre d'heures allouées aux aides humaines, ainsi que des aides techniques ou un aménagement du logement. Le montant total de ce plan d'aide ne peut dépasser un certain plafond, défini pour chaque GIR.

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