Transports : le prix du ticket va-t-il exploser ? Ce que cache l'étude du gouvernement

Publié par Stéphane Leduc
le 03/02/2026
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Istock
Une étude d'impact du ministère des Transports suggère de porter la contribution des usagers à 30 %, contre 17 % actuellement, relançant le débat sur une flambée des prix malgré les démentis officiels.

Alors que la rumeur d'un doublement des tarifs a enflammé les réseaux sociaux, le gouvernement tente de calmer le jeu. Pourtant, une analyse technique du ministère des Transports pose bien sur la table la question du financement des bus, métros et TER par ceux qui les empruntent. Entre démentis politiques et réalités budgétaires, voici ce qui se prépare pour votre portefeuille.

Une étude qui vise 30 % de financement par l'usager

Le document a fait l'effet d'une bombe. Selon une étude d'impact révélée par la presse, le ministère des Transports a exploré un scénario précis : augmenter significativement la part payée par les voyageurs. L'ambition affichée dans le document est de faire passer le ratio de financement des transports collectifs urbains (TCU) par les usagers à "a minima de l'ordre de 30 %".

Ce chiffre contraste fortement avec la réalité actuelle. Aujourd'hui, la contribution des usagers au financement des transports est estimée en moyenne à seulement 17 % du coût global du système. Ce fossé entre la situation présente et l'objectif théorique a immédiatement suscité la crainte d'une explosion tarifaire. Cette révélation intervient dans un calendrier politique serré, alors que le projet de loi-cadre sur le financement des transports doit être présenté en Conseil des ministres aux alentours du 11 février.

La France mauvaise élève comparée à l'Europe

Pour justifier cette réflexion, le ministère pointe une anomalie économique : les tarifs actuels sont jugés trop bas pour couvrir les coûts croissants d'exploitation et d'entretien des infrastructures. L'argumentaire s'appuie sur une perspective historique : dans les années 1970, la part payée par les usagers était quatre fois plus élevée qu'aujourd'hui.

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La France fait d'ailleurs figure d'exception sur le continent. Selon la FNAUT (Fédération nationale des associations d'usagers des transports), l'Hexagone est "l'un des pays d'Europe où l'usager paie le moins pour se faire transporter sur de courtes distances". Actuellement, le modèle économique repose massivement sur les entreprises via le Versement Mobilité (VM). D'après la Cour des comptes, cette taxe assurait 46 % du financement global en 2019, une charge que l'exécutif semble vouloir rééquilibrer.

L'indexation sur l'inflation et le risque pour le pouvoir d'achat

Outre ces pourcentages théoriques, une mesure menace directement le budget des ménages : l'indexation des tarifs de transport sur l'inflation. L'article 11 du futur projet de loi prévoirait une révision automatique des prix au 1er janvier de chaque année. Cette mécanique vise à inciter les autorités organisatrices à ajuster régulièrement leurs grilles tarifaires.

Cette perspective alarme les associations. L'UFC-Que Choisir dénonce une disposition "très préoccupante" qui pénaliserait les captifs du rail et de la route. Face à la polémique, l'exécutif a dû réagir rapidement. La porte-parole du gouvernement a formellement rejeté l'hypothèse radicale évoquée par l'étude : "Le gouvernement n'ambitionne aucunement de doubler les tarifs des transports en commun", a-t-elle assuré, rappelant que cela découragerait l'usage de modes de transport écologiques.

Reste que l'indexation sur l'inflation installerait une hausse perpétuelle. Les Franciliens en ont déjà un avant-goût : en Île-de-France, le passe Navigo a de nouveau augmenté début 2026 pour atteindre 90,80 €, illustrant la tendance inflationniste qui guette l'ensemble du territoire.

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