Le quinquennat connaît bien des ennemis. Certains candidats à la présidentielle ont d'ores et déjà annoncé qu'ils souhaitaient y mettre fin. C'est que ce mode de gouvernance n'est pas sans cumuler les défauts…
Et si le quinquennat prenait fin en 2022 ?AFP

Il s'inquiète du "risque d'américanisation du système". Xavier Bertrand n'est pas le premier à se faire l'ennemi du quinquennat, quand bien même il fait parti de ces élus qui - en septembre 2000 - ont voté la réforme du septennat rappelle Le Figaro. Aujourd'hui, il voit au nouveau système de gouvernance un certain nombre de défauts qu'il n'avait peut-être pas envisagés auparavant… Au premier rang desquels, "l'obsession de la réélection".

Pour le président de la région des Hauts-de-France, qui a rendu sa carte Les Républicains à la suite de certains choix politiques de Laurent Wauquiez, il est urgent de sortir enfin "du climat français actuel de campagne électorale permanente où chaque année ou presque il y a des élections". Et lui d'estimer qu'il est tant de retrouver une nouvelle "obsession", note encore le quotidien national marqué à droite, qui s'appuie sur l'interview accordée par Xavier Bertrand aux journalistes du Monde : celle de "faire" et non plus de "plaire et durer". 

Sans oublier, bien sûr, l'autre gros problème : pour Xavier Bertrand, cinq ans c'est trop court. Le quinquennat ne permet pas, estime-t-il, de saisir toutes les opportunités politiques qu'un chef de l'Etat devrait pouvoir saisir. Il déplore notamment "le fait qu'un président, s'il veut évaluer et corriger des politiques en cours de mandat, n'en a pas le temps".

Xavier Bertrand a-t-il raison de critiquer le quinquennat ?

"En l'état actuel des choses, le quinquennat ne présente aucun avantage", abonde le politologue Raul Magni-Berton. "Il est en vérité assez dommageable à notre démocratie : c'est lui qui a entraîné une baisse de la participation aux élections parlementaires et il ne permet pas la saine division des pouvoirs au sein de l'Etat", poursuit-il dans nos colonnes.

Pour le chercheur, qui enseigne à l'Institut d'Études Politiques (IEP) de Grenoble, Xavier Bertrand a vu juste à certains égards. Plutôt que de parler d'américanisation du système, il préfère cependant parler de présidentialisation. 

"Force est de remarquer, cependant, que c'est avant tout un problème de calendrier électoral. Faire concorder les élections présidentielle et législatives n'a pas beaucoup de sens si l'on veut maintenir une division des pouvoirs qui soit efficiente. Cela vient simplement renforcer les pouvoirs du président… ainsi que son impopularité !", note encore l'enseignant. "Dans le cas inverse, c'est à dire si les députés étaient élus avant le président de la République, le rapport de force aurait été changé", souligne-t-il encore. Est-ce bien là ce que propose Xavier Bertrand ? Une chose est sûre : si l'ancien LR est élu, les jours du quinquennat semblent comptés…

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