Je m'appelle Schéhérazade, j'ai 37 ans. J'ai vécu une histoire d'amour avec Rémy pendant près de 11 ans. Je suis musulmane, il est juif et on s'aimait. Mais les pressions familiales ont mis à mal notre mariage.
©Schéhérazade B.

Je suis montée à Paris à 22 ans pour poursuivre mes études. Je logeais chez une amie de ma mère, Marlène. Elle est juive, je suis musulmane, et on s’entendait très bien. Elle a toujours été gentille avec moi et me considérait presque comme sa propre fille.

En vivant chez elle, j’ai fait la connaissance de son fils Rémy et j’en suis tombée amoureuse. Pendant six mois, nous avons vécu une relation plus ou moins cachée avant de l’officialiser auprès de nos parents. Ça ne s’est pas vraiment passé comme prévu.

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Du jour au lendemain, Marlène a complètement cessé de me parler. Elle regrettait que je ne sois pas juive et n’a jamais voulu de moi avec son fils. Elle craignait que Rémy se convertisse à l’islam par amour alors que je ne le souhaitais surtout pas. Le père de Rémy a été un peu plus compréhensif avec le temps. Il m’a invitée à célébrer Shabbat ou Pessar chez lui et sa seconde épouse à plusieurs reprises. Dans ma propre famille, la nouvelle a aussi été difficile à encaisser. Mon père a tout simplement refusé de me parler pendant trois ans.

La religion n’a pourtant jamais régi nos vies au quotidien. On célébrait Shabbat le vendredi, les principales fêtes juives et musulmanes : Kippour, l'Aïd el Kebir, Pessar... Mais c’est à peu près tout. J’apprenais à cuisiner les plats emblématiques de la cuisine juive et Rémy faisait le Ramadan avec moi par exemple.

On a décidé de se marier en 2008. Ma belle-mère a fait le déplacement à la mairie, alors qu'elle avait affirmé ne pas vouloir être présente. Avec sa soeur, elles sont venues toutes les deux habillées en noir et sont restées devant la salle de mariage pour assister à la cérémonie. Le meilleur ami de Rémy, que j’avais pourtant rencontré à de nombreuses reprises, a refusé d’être son témoin de mariage, au motif que j’étais musulmane. Je n’ai jamais pu lui pardonner.

Les conflits familiaux m’ont causé beaucoup de peine. J’étais exclue des réunions familiales, mise à l’écart. Je ne pouvais pas interdire à Rémy de rendre visite à sa famille et d'assister aux célébrations, mais ça me rendait triste de voir qu'il n'avait pas assez discuté avec ses proches pour me faire accepter. Je regrette que ses parents n’aient pas compris que Rémy avait aussi créé une famille avec moi. C’est difficile de s’intégrer dans ses conditions.

Après cinq ans de concubinage et six ans de mariage, nous avons divorcé en 2015. Il est évident que les tensions familiales ont largement mis à mal notre histoire. Ma belle-famille n'a jamais fait le moindre effort pour respecter notre union et Rémy n’a pas voulu couper les ponts avec sa mère. Je ne me suis donc jamais sentie à ma place. On a fini par s’éloigner… On avait pourtant acheté notre maison à peine deux ans plus tôt.

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