Sophie a vendu sa voiture en 2015, mais l'acheteuse n'a jamais effectué le changement de carte grise. Elle se bat depuis trois ans pour empêcher cette femme de commettre des infractions en son nom.
Témoignage : elle vit un enfer depuis que son identité a été usurpéeIllustrationIstock

On estime qu’en France, environ 200 000 personnes sont victimes d’une usurpation d’identité chaque année. Sophie, 28 ans, a récemment déposé plainte pour "utilisation du nom d’un tiers à des fins de poursuite", pour des faits qui ont débuté en 2015 et qui continuent à avoir des conséquences sur son quotidien.

"J’ai vendu ma Fiat 500 en août 2015 et j’ai envoyé les papiers à la préfecture en recommandé, mais la femme à qui j’ai vendu mon véhicule ne l’a pas fait, explique-t-elle. La préfecture n’a jamais enregistré ma vente malgré mes envois de recommandés. Cette femme a continué à rouler avec ma carte grise barrée, mais elle n’a jamais changé les papiers à son nom, ne s’est jamais assurée avec la voiture".

À partir de la fin de l’année 2016, Sophie commence à recevoir des contraventions : "J’ai aussi reçu le courrier d’une assurance disant que j’avais causé un accident avec une personne, qui était leur assuré, que j’avais fait un délit de fuite et qu’il fallait que je prenne contact avec eux, qu’ils allaient me poursuivre si je ne le faisais pas". Pourtant, aucun doute, Sophie ne conduit plus ce véhicule depuis longtemps et n’a donc pas pu causer cet accident.

Usurpation d’identité : "J’ai reçu des amendes majorées jusqu’à 2000 euros"

Depuis 2016, elle a reçu 24 contraventions, pour des stationnements gênants ou interdits, des accidents et même un délit de fuite. "Comme j’ai déménagé entre temps, elles n’arrivaient plus à la même adresse, donc j’ai reçu des amendes majorées jusqu’à 2000 euros", précise la jeune femme. Mais les problèmes ne s’arrêtent pas là, puisque Sophie a également eu quatre saisies administratives à tiers détenteur (SATD), qui permettent au Trésor public de se faire payer à partir d’un compte bancaire. Deux ont été faits au sein de sa banque actuelle, alors qu’elle n’a "jamais eu un centime de découvert". Par chance, elle a obtenu son crédit immobilier "une semaine avant le premier SATD", mais elle sait désormais que ceux qui sont passés sur son compte en banque l’empêcheront, pour le moment, d’obtenir d’autres prêts. Le seul moyen dont Sophie dispose est d’obtenir une mainlevée, qui est envoyée par les tribunaux. Elle a déjà réussi à faire annuler trois SATD : "Le problème c’est que l’officier du ministère public lit le courrier dans un délai de six mois et apporte une réponse encore trois mois après. Il faut donc attendre neuf mois pour avoir une mainlevée".

Pour régler ce problème, Sophie n’a d’autre choix que de prendre des journées à son travail pour "passer dans les tribunaux afin d’obtenir des mainlevées sur les amendes". "J’ai passé cinq heures à la trésorerie des amendes le mois dernier, j’ai dû prendre des journées et passer des heures entières dans certains services pour pas avoir grand-chose", ajoute-t-elle. Pourtant, dès le début, Sophie prend les choses en main afin de régler cette histoire au plus vite. Dès le courrier de l’assurance reçu, elle se rend au commissariat pour déposer plainte, mais la police refuse de prendre en compte sa demande : "Elle a dit que ce n’était pas une usurpation d’identité parce que cette femme n’avait pas pris ma carte d’identité". La jeune femme finira par pouvoir déposer plainte… En octobre dernier, soit trois ans après avoir reçu les premières contraventions.

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