TÉMOIGNAGE. Après plus de vingt ans passés à la SNCF, Christine bénéficie d'un départ à la retraite anticipée. S'estimant "trop jeune pour arrêter de travailler", elle décide de monter son entreprise.
Retraite : elle aurait pu partir à 52 ans, mais continue de travailler par choixIllustrationIstock
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La retraite est une étape redoutée par certains, attendue par d’autres. Alors que de nombreux Français craignent un nouveau recul de leur âge de départ à la retraite, que d’autres manifestent pour conserver leurs régimes spéciaux, certains font le choix de continuer à travailler une fois retraité.

C’est le cas de Christine, ancienne employée de la SNCF, qui a pris sa retraite en décembre 2016. Elle a alors 52 ans, est mère de trois enfants et est une des dernières à pouvoir bénéficier d’un privilège de la fonction publique, ou assimilée. Jusqu’à récemment, les fonctionnaires parents de trois enfants pouvaient bénéficier d’une retraite proportionnelle après quinze ans de service.

"Suite à la réforme des retraites, mon privilège allait être supprimé", explique la quinquagénaire, qui s’estimait tout de même "trop jeune pour arrêter de travailler, trop jeune pour mettre [son] cerveau en sommeil, trop jeune pour ne pas encore aider les autres". Trois, quatre ans avant la fin de sa carrière, sa décision est prise : elle quittera la SNCF en décembre 2016, mais n’arrêtera pas pour autant son activité professionnelle. Trois ans après son départ à la retraite, elle se définit désormais comme une "retraitée active".

La retraite "n’est pas la fin de quelque chose"

Si un départ anticipé peut en faire rêver certains, Christine explique ne pas voir la retraite "comme un arrêt du travail, mais comme un changement de statut", ajoutant que "c’est un changement, pas la fin de quelque chose". A 52 ans et après avoir été salariée pendant plus de vingt ans, elle monte sa boîte, une société par actions simplifiées qui fait du conseil aux entreprises. Depuis trois ans, elle répond "à tous les besoins que peuvent avoir des entreprises et des particuliers sur des problématiques" et s’est mise au service de ceux "qui veulent déléguer des missions pour dégager du temps". "J’ai la capacité à prendre du recul et puis je prends le temps pour organiser, pour diagnostiquer, proposer, argumenter", ajoute Christine.

C'est un tout autre quotidien professionnel pour celle qui a commencé par faire du terrain à la SNCF puis a mené des missions au sein de l'activité Transilien du groupe. Un nouveau rythme, qui lui permet d'avoir plus de temps pour ses proches et pour elle.

"Je travaille où je veux, quand je veux, pour qui je veux"

S’il est possible – sous certaines conditions – de cumuler un emploi et une pension de retraite, Christine n’a pas pris cette option : "Je continue de toucher ma retraite parce que je ne suis pas salariée de mon entreprise", explique-t-elle, précisant qu’il s’agit d’"un choix". Ce qu’elle apprécie dans son quotidien ? Faire comme elle le souhaite et ne pas avoir de routine : "J’ai une grande liberté dans l’organisation de mon travail. Je travaille où je veux, quand je veux et pour qui je veux". Depuis son changement d’activité, Christine a plus de temps pour elle, pour sa famille et elle s’est lancée dans le caritatif. Lorsqu'on lui demande pourquoi elle ne profite pas de cette retraite anticipée, elle explique que ce n'est, tout simplement, pas pour elle. "Je comprends très bien les gens qui choisissent d’arrêter pour voyager, pour s’occuper de leurs proches. C’est un choix très personnel, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise solution après la retraite", insiste-t-elle.

Avec des amis, elle participe chaque année à l’opération "Les Petits Bonnets", en partenariat avec l’entreprise Innocent et au bénéfice des Petits Frères des Pauvres. Elle tricote des bonnets toute l'année, presque une deuxième activité à plein temps, car elle estime qu’il est "important, pour rester ‘jeune’, d’avoir une vie sociale, de rencontrer des gens différents, d’avoir des discussions". 

"Piquée" par le virus de l'entreprenariat

À ceux qui souhaiteraient concilier retraite et activité professionnelle, Christine n’a qu’un seul conseil : "se faire plaisir" et sauter le pas seulement si l’envie est bien présente.

Trois ans après avoir créé son entreprise, la quinquagénaire se dit "piquée" par le virus de l’entreprenariat et vient de monter sa deuxième boîte. Lorsqu’on lui demande si elle compte s’arrêter un jour, elle répond qu’elle le fera quand elle aura "trouvé autre chose".

"Ma vie a été faite de coups du sort. J’ai échoué quelque part, donc j’ai pris une autre voie. À chaque fois que j’ai eu un échec dans ma vie professionnelle, ça s’est transformé en tournant et je me suis dit à chaque fois ‘heureusement que c’est arrivé’", explique-t-elle, ne donnant pas de fin à sa vie de "retraitée active".

"Il va peut-être se passer quelque chose, je vais prendre une autre voie et j’en serai contente", conclut-elle. Le temps file, les rendez-vous professionnels s'enchaînent et, autour d'elle, personne ne la voit s'arrêter.

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