Les précédentes réformes des retraites ont fait de nombreux perdants… Dont vous faites peut-être partie. Découvrez le profil des individus qui en ont le moins profité.
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Réformes successives des retraites : les femmes toujours pénalisées ?

C’est une chanson connue désormais. En matière de retraite – et de réformes sur le sujet – les femmes ne sont pas gagnantes. En 2018, Planet  expliquait les risques qui pesaient sur les retraitées et futures retraitées si l’exécutif décidait effectivement de mettre fin aux pensions de réversion. Jean-Paul Delevoye, le haut-commissaire à la réforme, avait un temps envisagé de resserrer les liens entre la pension et la carrière, assurant qu’il ne devait pas y avoir de "points gratuits" et qu’il fallait "redéfinir les objectifs des droits familiaux". Une décision qui aurait mécaniquement pénalisé les femmes, compte tenu des inégalités et des discriminations qu’elles subissent au quotidien, notamment dans le cadre de leur parcours professionnel.

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Sur ce sujet, Libération évoquait même une "doxa libérale qui promeut l’idée que chacun•e doit ‘récupérer sa mise’ au moment de sa pension comme s’il s’agissait d’une épargne". Or, le danger est clairement identifié : les carrières des femmes sont égrenées de davantage de trous que celles des hommes, en plus d’afficher des salaires moins élevés ou des postes à moins hautes responsabilités. En moyenne, 30% d’entre elles sont contraintes de travailler à temps partiel contre seulement 6% des hommes et à travail équivalent elles touchent 19,2% moins que leurs collègues masculins.

Cette situation n’est pas sans conséquence, comme le rappelle Véronique Descacq, chargée de mission sur la réforme des retraites à la Caisse des dépôts et des consignations. Dans les colonnes du Huffington Post, elle explique que ces conditions de travail, en plus de pénaliser les femmes une fois arrivées à la retraite – qui percevront donc des pensions moins importantes – cette précarisation du travail les pousse régulièrement à des arbitrages familiaux qui leur sont défavorables, entre autres en vue de la retraite.

Pour Véronique Descacq, la réforme à venir est un "choix de société très structurant", susceptible d’injecter une plus forte dose d’égalité femmes-hommes. Pour que cela soit possible, le travail des femmes doit nécessairement être mieux valorisé et leurs carrières plus protégées, explique-t-elle. Choisir de ne rien modifier à la situation reviendrait à entretenir un système de dépendance mécanique, une fois les femmes arrivées à la retraite.

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