En 2019, certains retraités pourraient perdre un pan considérable de leur pension, en plus de toutes les mesures décidées par Emmanuel Macron. En cause : un système de malus prévu pour les régimes complémentaires…
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Retraite complémentaire : pourquoi vous pourriez perdre 10% de votre pension

A partir du 1er janvier de l’année prochaine, un dispositif de bonus-malus doit s’appliquer aux retraites complémentaires et il pourrait sérieusement vous léser. L’intégralité des salariés du privé susceptibles de partir en retraite anticipée en 2019 sont concernés et pourraient perdre beaucoup si rien n’est fait, révèle Capital.

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Par essence, ce mécanisme vise à pousser les Français à retarder leur cessation d’activité. Par conséquent, il repose sur un principe simple : un salarié qui part l’année même où il remplit les conditions pour bénéficier de sa retraite à taux plein souffrira d’un abattement temporaire de 10% sur sa complémentaire. En revanche, s’il repousse son départ, il pourra bénéficier d’un léger bonus. Seulement, compte tenu d’un manque de communication entre la caisse de retraite du régime de base et l’Agirc-Arrco, vous pourriez souffrir d’un malus même en retardant votre départ…

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Quelque soit l’âge à partir duquel vous êtes en droit de partir à la retraite, il vous faudra donc attendre au moins 63 ans pour bénéficier du taux plein. En effet, l’Agirc-Arrco ne possède pas les informations nécessaires pour savoir à quel âge un individu est en droit de liquider sa retraite à taux-plein. Ces éléments sont détenus par la CNAV (Caisse nationale d’assurance vieillesse) mais les deux entités ne communiquent pas entre elles, pour le moment.

Dans tous les cas, l’abattement n’est pas définitif : il prend fin à 63 ans, un an après avoir rempli toutes les conditions dans le régime général. Pour un travailleur parti à la retraite à 58 ans pour carrière longue, cela représente 5 ans.

Retraite complémentaire : peut-on éviter le malus ?

Outre le report de cessation d’activité, il n’existe à priori pas de solution fiable à ce jour pour éviter le malus, indique Capital. Toutefois le journal précise que demander une attestation de situation au regard de la retraite anticipée pourrait être utile par la suite.

Ce dispositif est très similaire à l’âge-pivot qui pourrait voir le jour dans le cadre de la réforme des retraites désirée par le président de la République. Sans toucher à l’âge légal de départ à la retraite, qui est aujourd’hui fixé à 62 ans, l’instauration de ce principe âprement défendu par le Medef permettrait à l’exécutif d’inciter les actifs à retarder leur départ à la retraite. Comme le rappelle LCI, le Conseil d’orientation des retraites (COR) juge nécessaire de repousser l’âge de départ à la retraite à 63 ans en 2025 et de 64 ans en 2065 pour conserver l’équilibre du système.