Yassin Salhi, soupçonné d'avoir décapité son patron en juin dernier et d'être en lien avec une entreprise terroriste, s'est suicidé mardi en prison. Repéré depuis une dizaine d'années par les services spécialisés, l'homme avait su se faire discret.
AFP

Soupçonné d’être derrière l’attaque d’un site gazier à Saint-Quentin-Fallavier (Isère) puis d’avoir décapité son patron en juin dernier, Yassin Salhi s’est suicidé mardi dans sa cellule de prison de Fleury-Mérogis (Essonne). N’ayant jamais revendiqué le meurtre dont il était accusé, il avait toutefois été repéré sur place avec un drapeau islamiste entre les mains. Détenu en quartier d’isolement, l’homme de 35 ans s’est pendu à l’aide de draps accrochés aux barreaux de sa cellule.

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Sans casier judiciaire, Yassin Salhi avait été repéré par les services de renseignement dès 2005. Il était alors proche d’un groupe d’individus radicalisés, selon une source proche de l’enquête interrogée par l’AFP. A cause de ses relations, le jeune homme a ensuite été fiché de 2006 à 2008. Après avoir quitté Pontarlier, sa ville natale située à proximité de la frontière suisse, il s’est ensuite installé à Besançon (Doubs), en 2013, pour vivre avec sa femme et ses enfants. C’est là-bas qu’il s’est, une nouvelle fois, fait repérer par les services spécialisés.

En cause : sa tenue vestimentaire et sa barbe. Mais selon une source proche de l’enquête, il n’avait pas d’activité malveillante. Ses amis de l’époque parlent d’ailleurs de lui comme d’une "personne posée, calme et surtout gentille". Seule une ancienne voisine s’est étonnée de ses fréquentations suspectes avec des "costauds" vêtus de pantalons "cargo" qui venaient chez lui le mercredi soir.

"Un loup déguisé en agneau"

Fin 2014, Yassin Salhi a finalement quitté Besançon pour Saint-Priest (Rhône-Alpes) où il a trouvé du travail dans la société de transports dont il sera accusé d'avoir décapité le patron. Interrogée sur Europe 1 suite au drame, sa femme a pourtant assuré qu’ils étaient "des musulmans normaux" et que son mari était innocent. Abdel Karim, un collègue du terroriste présumé, a, lui, affirmé que Yassin Salhi était "un loup déguisé en agneau". "Il m'avait déjà parlé de Daech, pas pour m'embrigader dans quoi que ce soit mais simplement pour me demander mon avis. Quand je lui ai dit ce que je pensais, à partir de ce jour-là, c'était 'Bonjour-Au revoir'", a raconté l’homme sur RTL. Selon Bernard Cazeneuve, aucun doute ne plane quant aux liens de Yassin Salhi avec "la mouvance salafiste".

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