Grippe : l’épidémie reprend chez les enfants, avant les adultes ?
L'accalmie aura été de courte durée. Si les vacances de Noël avaient permis de ralentir la circulation des virus hivernaux, la rentrée scolaire a agi comme un véritable détonateur pour le virus de la grippe. Depuis le début du mois, les courbes épidémiologiques s'affolent à nouveau, dessinant une deuxième vague particulièrement virulente. Alors que les plus jeunes sont actuellement en première ligne, les autorités sanitaires préviennent : le pic de contagion pourrait se déplacer vers les tranches d'âge supérieures dans les jours à venir.
Une explosion des cas chez les mineurs
Selon le dernier bilan de Santé publique France sur la grippe au 21 janvier pour la semaine du 12 au 18 janvier, la dynamique épidémique a changé de visage. L'agence sanitaire note une inversion de la courbe, portée quasi exclusivement par les moins de 15 ans, en médecine de ville, comme aux urgences, après deux semaines de baisse consécutive. Les parents, inquiets devant des fièvres élevées et brutales, sont de plus en plus nombreux à consulter pour des symptômes du syndrome grippal après le retour à l'école.
L'organisme, cité par le Parisien, fait ce constat : "Il est possible que cette reprise à la hausse de la circulation des virus grippaux chez les enfants, consécutive à la rentrée scolaire début janvier, entraîne une recrudescence du recours aux soins chez les adultes dans les semaines à venir, mais il est très difficile d’anticiper l’impact qu’une telle reprise épidémique pourrait avoir sur le système de soins."
L'école comme catalyseur de la transmission
Ce rebond n'est pas le fruit du hasard. Le milieu scolaire, avec sa promiscuité et ses activités en intérieur favorisées par les températures hivernales, constitue un environnement idéal pour la propagation virale. Le relâchement naturel des gestes barrières chez les plus petits facilite les échanges de gouttelettes. Cette intensification des interactions sociales transforme les salles de classe en foyers de contamination primaires.
Le danger réside désormais dans le mécanisme de transmission intrafamiliale. L'enfant, souvent "patient zéro", ramène le virus à la maison, ce qui multiplie le risque de contagion au sein du foyer. Les parents actifs et les grands-parents sont ainsi exposés de manière directe.
Un pic moins violent attendu chez les actifs
L'histoire des épidémies hivernales se répète avec une régularité mécanique. Un pic de contamination chez les écoliers est presque systématiquement suivi, avec un décalage de 10 à 15 jours, par une hausse similaire chez les adultes. Les modèles mathématiques prédisent un pic de l'épidémie de grippe chez les adultes pour la toute fin du mois de janvier. Mais rien n'est encore définitif. France Info explique : "Si elles penchent pour une diminution du recours aux soins pour grippe au cours des quatre prochaines semaines, les nouvelles modélisations de l'Institut Pasteur et de SPF affichent un niveau d'incertitude 'élevé', de sorte qu'un rebond du recours aux soins à l'hôpital, dans les prochaines semaines demeure possible, d'une ampleur a priori moindre que fin 2025."
Les autorités rappellent l'importance des gestes simples mais oubliés : le lavage fréquent des mains, l'aération régulière des pièces de vie et le port du masque en présence de personnes fragiles. Ces réflexes restent la meilleure barrière pour éviter que la vague pédiatrique ne submerge l'ensemble de la population.