La grippe espagnole a fait plusieurs dizaines de millions de morts en Europe. Pourtant, avant de muter, le virus était moins agressif. Une telle situation pourrait-elle se reproduire aujourd'hui ?
Doit-on craindre une mutation du virus comme celui de la grippe espagnole en 1918 ?IllustrationIstock
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"Ils mutent tous, mais à des rythmes différents. Les virus avec un génome ARN, comme le coronavirus mutent d'ailleurs généralement plus vite que d'autres", explique Maire-Paule Kieny, directrice de recherche à l'Inserm, interrogée par Le Monde sur la potentielle existence de deux souches du Covid-19. C'est pour prévenir sa propagation qu'Emmanuel Macron décidait, le lundi 16 mars 2020, de mettre la France sous cloche pour une durée d'au moins deux semaines, à compter du 17 mars à midi. Depuis, Edouard Philippe a d'ailleurs annoncé un durcissement des mesures entrées en vigueur à l'occasion.

Si une mutation est possible, et a peut-être déjà eu lieu, il ne faudrait pourtant pas nécessairement paniquer, explique le quotidien de référence. En effet, une telle évolution n'engendre pas mécaniquement un regain de virulence puisque le virus cherche notamment à "mieux s'adapter" à ses hôtes ainsi qu'à son environnement. Pour autant, il n'est pas exclu qu'un tel processus rende un virus plus dangereux. Des précédents existent.

Le coronavirus a-t-il déjà muté, oui ou non ?

C'est une équipe de scientifiques chinois, la première, qui a évoqué la théorie d'une mutation du coronavirus Covid-19, explique le quotidien du soir. Selon les chercheurs, qui publiaient leurs résultats le 3 mars 2020, il n'y aurait plus un seul SARS-CoV-2 (l'autre nom du Covid), mais bien deux souches distinctes. L'une des deux, affirment-ils, serait plus "agressive" que l'autre.

Pour parvenir à ces résultats, les scientifiques ont analysé 103 génomes complets de la maladie qui frappe notamment l'Hexagone. Ils ont fini par en conclure qu'il fallait différencier la souche originale, appelée S, de la souche L, celle qui a muté de la première. D'après eux, la seconde serait a priori responsable de 70% des cas constatés de coronavirus, contre seulement 30% pour la première. Par "agressivité", ils parlent donc de transmissibilité plus que de gravité des symptômes, donc.

Pour autant, comme le rappelle Le Monde, ces analyses publiées la National Science Review doivent être interprétées avec beaucoup de prudence. "Les données examinées dans cette étude sont encore très limités", nuancent les chercheurs eux-mêmes, qui estiment qu'il faudra en mener d'autres "avec plus de données nécessaires pour mieux comprendre l'évolution et l'épidémiologie du SARS-CoV-2". Une analyse qui rejoint celle de Anne Goffard, virologue au CHU de Lille.

"Quand on fait une étude comme celle-ci, on compare les séquences entre elles et on demande à un algorithme de construire un arbre phylogénétique avec des branches. Or, celles présentées, un échantillon faible, manquent d’informations qui permettent de dire solidement qu’il existe deux souches. Il est prématuré de tirer une telle conclusion", déclare-t-elle aux micros du Monde.

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