De nombreux ponts présentent des risques en France. D'où cette question : un tel drame peut-il également survenir dans l'Hexagone ?
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Catastrophe de Gênes : de nombreux ponts vulnérables, en France ?

Le 14 août dernier, le viaduc Morandi s’est effondré à Gênes, en Italie. Ce drame, qui secoue le pays et l’oblige à dresser un bilan de l’état de ses infrastructures, a fait plusieurs dizaines de morts, rapporte le Courrier International.

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Un tel drame pourrait-il survenir en France ? "Nous ne sommes pas à l’abri d’une telle catastrophe. Pas au sens strict", indique Alain Bonnafous, professeur émérite de l'Université de Lyon et chercheur au Laboratoire d'économie des transports. "Cependant, la situation française est différente de celle en Italie. En France, les règles de sécurités sont plus strictes et, en théorie, les inspections sont plus régulières", poursuit le spécialiste.

D’après Le Figaro (article réservé aux abonnés), 30% des ponts gérés par l’Etat ont besoin de réfection. Sur les 200 000 ponts de France, 12 000 sont à la charge de l’Etat, précise France Bleu. Parmi eux, tous ne bénéficient pas du même traitement, souligne le plus vieux quotidien français. Les ponts les plus importants où les plus fréquentés sont bien surveillés. Ce n’est pas le cas de tous, comme l’explique Christian Tridon, président du Syndicat national des entrepreneurs spécialistes des travaux de réparation et de renforcement des structures (Strres). Selon lui, l’absence d’inspection régulière et de travaux pourrait avoir des conséquences inquiétantes.

"Ces chiffres, qui sont issus des inspections et des interventions périodiques, illustrent très bien les tensions budgétaires qui obligent à repousser certaines opérations de maintenance sur les ponts", précise Alain Bonnafous. "C’est la taxe carbone qui devait financer les travaux d’entretien des ponts. En la supprimant, Ségolène Royal a créé un trou de plusieurs centaines de millions d’euros par an. En conséquence, les travaux de réhabilitation sont reportés de quelques années. C’est un problème de gros sous", poursuit-il, non sans préciser que "les travaux les plus urgents ne sont généralement pas repoussés". "Au final, le plus gros risques c’est de se retrouver avec une facture encore plus salée parce que l’infrastructure sera encore plus dégradée."

Catastrophe de Gênes : pourquoi les ponts français sont-ils si mal en point ?

Outre les problèmes d’argent et de surveillance, plusieurs facteurs jouent sur l’état de nos ponts. A commencer par la probabilité même de voir une telle structure s’effondrer. "Le risque 0 n’existe pas, rappelons-le. Cependant, s’en rapprocher peut s’avérer très coûteux. Quand le risque n’est pas perçu comme très élevé, il n’est pas forcément nécessaire d’attribuer des ressources à son anticipation", juge le professeur émérite à l’Université de Lyon.

Le climat joue également un rôle très important dans la situation. C’est d’ailleurs pour cela que la les ponts de Provence-Alpes-Côte d’Azur "présentent un risque potentiel plus important qu’ailleurs", explique Christian Tridon au micro de France Bleu. La région est en effet soumise à différents aléas climatiques, comme le vent, les embruns ou le sel. "Ces éléments ne font pas bon ménage avec l’acier contenu dans le béton armé avec lesquels les ponts sont construits", poursuit l’expert. "L’environnement météorologique a un impact non négligeable. Les périodes de grande sécheresse affaiblissent les fondations, par exemple. Ces phénomènes singuliers sont surveillés mais ils sont malheureusement inévitables. Ils ajoutent au risque et le diversifient", confirme Alain Bonnafous.

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