Deux hommes ont, des années durant, escroqué et volé une cinquantaine de personnes dans toute la France. Le même mode opératoire était utilisé à chaque fois et impliquait le sabotage du véhicule de leur victime...
Illustration Istock

Si vous trouvez de l’huile dans votre moteur, prenez garde ! Il s'agit d'une combine parfaitement rodée pour faire baisser le prix d'un véhicule que vous souhaiteriez vendre. Deux escrocs alsaciens repéraient d'ailleurs leurs victimes sur Le Bon Coin. Ils s'en prenaient à celles et ceux désireux de vendre leur automobile, puis versaient de l'huile dans le radiateur pour endommager le joint de culasse, rapporte Le Dauphiné Libéré. Le but : faire descendre le prix d'achat initial et revendre l'automobile plus cher Outre-Rhin. 

Jusqu’en 2013, Micky Salva et Zlatu Micu, ont arnaqué pas moins de 47 personnes. Ils ont été condamnés à six ans de prison ferme pour ces faits par le tribunal correctionnel de Colmar. Les deux compères ont ensuite été incarcérés au centre pénitencier de Fresnes, dans le Val-de-Marne. Micky Salva a d’ailleurs fait appel de ce jugement.

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Ils ont été interpellés à Strasbourg, Colmar et Mulhouse, en mars dernier, en compagnie de 9 de leurs complices. Six d'entre eux ont été mis en examen et trois individus, considérées comme étant à l’origine de l’escroquerie ont été incarcérées, relate France Bleu Bas-Rhin.

Arnaque au joint de culasse : une nouvelle plainte quatre ans après les faits

Pourtant, l'arnaque au joint de culasse reparaît quelques années plus tard. En mars 2017, un habitant de l’Isère porte plainte auprès de la gendarmerie de Bourgoin-Jailleu  : il dit avoir été victime de l’entourloupe montée par les deux malfrats, après la mise en vente de sa BMW série 6 sur Le Bon Coin

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Contacté par des acheteurs potentiels, les deux partis s'accordent sur un rendez-vous, organisé à plusieurs heures du domicile de l’Isérois. C’est à ce moment que débute la supercherie. Pendant que l’un des escrocs occupe le vendeur, l’autre s'attaque au moteur de la voiture. Ce n'est qu'après-coup que le futur acquéreur pointe du doigt les "failles" du véhicule. Il en profite pour faire une nouvelle proposition. En cash et bien sûr à un prix plus bas que celui annoncé...

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S’il n’a pas procédé à la vente, le propriétaire de la BMW s’est retrouvé en panne à Besançon et a appris les raisons de cet incident, une fois arrivé chez son garagiste.

Arnaque au joint de culasse : "il pensait être le seul à vivre ça" explique l'avocat

"Il pensait être le seul à vivre ça, il s’est senti coupable, naïf", raconte l'avocat de la victime, Me Anaïs Clément-Gabella, dans Le Dauphiné Libéré. Mais un autre habitant de Tallard, dans les Hautes Alpes s’est par contre fait avoir, lui. Même technique. Au moment de conclure la vente de son Land Rover, de l’huile est présente dans le moteur. Les acheteurs demandent alors un rabais, ce que ce Tallardien refuse catégoriquement.

Mais les escrocs n'en restent pas là. La nuit suivante, ils volent le véhicule en question, avant de partir direction l’Allemagne, pour le revendre. C’est l’acheteur Outre-Rhin qui reconnaît finalement Micky Salva.

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Arnaque au joint de culasse : l'escroc sous contrôle judiciaire au moment des faits ?

Au moment des faits, l'un des cerveaux du groupe est frappé d'un contrôle judiciaire et mis en examen pour escroquerie, dans l'affaire jugée en 2013 par le tribunal de Strasbourg, relate Le Dauphiné Libéré.  Après avoir payé une caution de 50 000 euros, il est remis en liberté. Cependant, les magistrats strasbourgeois finissent par délivrer un mandat d'arrêt à son encontre pour non respect de ses obligations. 

"Donc après 2013 et sa mise en examen, il a continué. Il y a des procédures en cours à Lille et à Paris. S’il a arrêté, c’est parce qu’il est en prison", déclarait le substitut du procureur de Gap, où ont été jugées le 23 mai dernier, ces deux affaires. Elles s'installent dans la continuité d'une vingtaine d’autres escroqueries perpétrées après 2013, selon France Bleu Bas-Rhin

Les deux comparses, qui nient les faits, ont été reconnus coupables et condamnés à un an de prison ferme chacun. Ils devront indemniser l’Isérois. Quant au Tallardien, il a seulement demandé à "avoir la paix".

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