Si les malfrats sont tenaces et ne lâchent pas leur proie, les victimes peuvent elles aussi poursuivre leurs arnaqueurs. Cet homme n'a pas hésité à pourchasser l'homme qui l'a attaqué jusqu'en Asie.

Gérard Bonald, un habitant du Var, n’est pas du genre à se laisser faire. Le septuagénaire, victime d’une arnaque en 2015, compte bien mener une traque sans merci pour appréhender son escroc. Joueur et plutôt fortuné, le retraité s’est mis à boursicoter en ligne il y a quelques années sur la plateforme Forex (intermédiaire qui permet d’accéder au marché des changes). A la minute où il s’est connecté, il a été approché par un chargé d’affaire. L’homme lui a alors proposé d’investir de l’argent et a même évoqué la possibilité qu’il puisse doubler sa mise.

Le septuagénaire décrit au Journal du Dimanche un démarcheur "extrêmement fort pour empapaouter son interlocuteur". C’est ainsi que Gérard a multiplié les versements, lorsqu’il a vu ses économies accroître en direct sur son ordinateur. Sûr d’avoir dégoté la bonne affaire, il en a même parlé à des proches.

"J'étais content de moi. J'ai convaincu ma femme, Adèle, et des amis d'investir aussi", déplore-t-il.

Ce n’est qu’en février 2016 que Gérard Bonald a découvert la supercherie. Sans attendre, il a prévenu les proches qu’il avait involontairement mené vers une grosse escroquerie. Choqué en voyant que son solde devenait débiteur de 200 000 euros sur la plateforme internet Forex, il s’est empressé d’appeler le trader avec qui il était en contact. Le vieil homme considérait d’ailleurs ce dernier comme "son fils adoptif", dit-il. Il l’avait même invité au café-restaurant Les Deux Magots, à Paris, et l’appelait presque tous les jours. Le chargé d’affaire, devenu intime avec Gérard, lui a alors demandé de combler le déficit. Le septuagénaire s’est exécuté, alors que l’intermédiaire a disparu de la circulation.