L'opposition au barrage de Sivens rappelle que d'autres projets d'envergure doivent faire face à la mobilisation de militants écologistes.
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Il y a eu le Larzac, le McDonald démonté ou encore la destruction de plants OGM par les "faucheurs volontaires". Ces précédents, dans lesquels s’est illustré en autres José Bové, font inéluctablement penser à ce qui se passe actuellement dans le Tarn, à Sivens. Depuis, l’opposition à divers chantiers jugés contraires aux aspirations environnementales semble tout autant déterminée. Tour d’horizon de ces cas où les projets d’envergure se heurtent à la mobilisation de militants écolos.

Notre dame des Landes

À l’automne 2012, de violents affrontements opposaient les forces de l’ordre aux adversaires de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Rétrospectivement, la ressemblance entre ce qui se passait alors en Loire Atlantique et le cas de Sivens est frappante. Alors que reste-t-il aujourd’hui de la lutte contre ce projet d’aéroport si cher à Jean-Marc Ayrault ? Des centaines de militants occupent toujours la "zone à défendre" (ZAD) d’où ils tiennent leur surnom de "zadiste".

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Le jeudi 16 octobre, la préfecture de Loire-Atlantique a suspendu le permis de construire de l’aéroport. D’un coût estimé de 560 millions d’euros, le projet est pour l’instant au point mort. Même si beaucoup de militants considèrent que la guerre est quasiment gagnée, un  "zadiste" se méfie tout de même auprès de nos confrères duJDD rappelant que la "bataille juridique est encore en cours".

Le centre de stockage de déchets radioactifs de Bure

Le Centre industriel de stockage géologique des déchets radioactifs de Bure dans la Meuse a pour mission de stocker à 500 mètres sous terre nos pires déchets nucléaires pour une période estimée à 100.000 ans. Cet espace est censé enfouir 80.000 mètres cube de produits hautement radioactifs. Une initiative collective de la part de certains habitants de la région a vu le jour en 2004 en réaction à ce projet. L’association Bure Zone Libre réunissant des "antinucléaires de France et d’Allemagne" a érigé la "Maison de résistance à la poubelle nucléaire" qui est "occupée et animée par des personnes de tous horizons qui se relaient sur des périodes de quelques mois".

Alors où en est-on ? Le dépôt du dossier pour l’autorisation d’enfouissement de déchets radioactifs est prévu pour l’année 2015. Pour le reste, des ministres allemands et luxembourgeois partagent les critiques des opposants à ce projet dont le coût est estimé entre 15 et 36 milliards d’euros.

La ferme des mille vaches

Mardi 29 octobre, neufs militants de la Confédération paysanne ont été condamnés par le tribunal correctionnel d’Amiens à des peines allant de l’amende à la prison avec sursis. Ces derniers ont été jugés coupables de dégradations sur le chantier de cette ferme industrielle qui fait polémique. Surnommée "ferme des 1000 vaches", cette exploitation a pour vocation de produire du lait en grande quantité mais, surtout, de tirer profit des déjections animales en produisant de l’électricité grâce au gaz qui s’en libère.

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Si le projet a bien vu le jour, ses ambitions ont été revues à la baisse. De plus, Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie, et Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture, ont indiqué que ce projet était contraire aux orientations du gouvernement en termes de modèles agricole et écologique. Affaire à suivre.

Le TGV Lyon-Turin

La réalisation d’une ligne grande vitesse reliant Lyon à Turin n’est pas du goût de tout le monde. En effet, ce projet censé réduire le nombre de camions sur les routes, est critiqué par les écologistes et agriculteurs présents sur place. Première critique, le gain de "seulement" une heure de trajet si ce projet arrivait à terme. Un résultat ridicule au regard des 30 milliards de travaux estimés par la Cour des Comptes.

De chaque côté des Alpes, la mobilisation ne faiblit pas. Le récent rapport de la juridiction financière sur la "gabégie" du TGV pourrait peut-être porter un coup d’arrêt à ce projet qui devrait être achevé en 2025.

Le centre Europa-City à Gonesse (Val-d’Oise)

Cette fois, c’est le chantier d’un vaste complexe commercial à Gonesse dans le Val d’Oise  qui provoque l’ire des militants écologistes. Baptisé "Europa City", cet espace à l’ambition de construire "230.000 m2 de commerces, 20.000 m2 de restaurants et une batterie de salles de spectacle, aquarium, piste de ski indoor et autre ferme pédagogique" comme le note Le Monde. Pour contester ce projet, le Collectif pour le triangle de Gonesse réunissant plusieurs associations locales est né. Mobilisée contre le sacrifice de 300 hectares "d’excellentes terres agricoles", la structure pointe l’inutilité supposée du projet.  

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