Dans un livre exigeant, « La Fabrique des émotions » (PUF), le sociologue Louis Quéré analyse les émotions, qu'elles soient individuelles ou collectives. L'occasion de disséquer ces affects si populaires à l'origine de nos réflexions comme de nos actions.
Les émotions à l’épreuve de la sociologie : on a lu "La Fabrique des émotions" de Louis Quéré

C’est une opinion largement partagée : il n’y aurait pas plus universelles que les émotions. Celles-ci ne seraient soumises ni au temps ni au lieu. Elles s’affranchiraient de la culture et de l’histoire. Dans son dernier ouvrage, La Fabrique des émotions (Presses universitaires de France), le sociologue Louis Quéré cherche à battre en brèche ce mythe. En effet, selon lui, les émotions varient selon le contexte, les valeurs qui traversent l’existence des individus. Autrement dit, elles n’auraient rien d’immuables.« Il y a ainsi des émotions qui ont disparu, l’acédie [déprime spirituelle pouvant toucher des religieux] par exemple », écrit celui qui est aussi directeur de recherche honoraire au CNRS. En effet, « a en partie disparu le contexte de croyances, de pratiques, de normes et de valeurs qui faisait qu’elle était éprouvée ». D’ailleurs, l’émotion se distingue de la sensation. Ainsi, ce qui peut être perçu comme un ressenti propre à chacun se révèle être bien plus institutionnel et impersonnel, « établi dans une société et une culture données. » L’auteur ne nie pas pour autant le phénomène biologique : « les émotions sont fonctionnelles dans le maintien du vivant...

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