La romancière Christine Angot vient de remporter le prix Médecis 2021 pour son livre « Le Voyage dans l'Est » où elle revient sur l'inceste dont elle a été victime. Notre chroniqueur Jean-Paul Brighelli a pourtant l'impression de relire encore et encore le même livre…
Le Médicis à Christine Angot : l’art du "déjà lu" récompensé ?

« Ce qui un jour a mérité d’être écrit exige sans cesse de l’être à nouveau », écrivait Philippe Forest dans Le Monde à propos d’Une semaine de vacances, seconde mouture, après L’Inceste (1999) du traumatisme d’enfance qui depuis vingt ans permet à Christine Angot d’enfiler les romans en racontant toujours la même histoire, et donc de livrer aujourd’hui le Voyage dans l’Est. Comme dit Camille Laurens, « on a l’impression bizarre de l’avoir déjà lu » et d’assister à « un retour presque à l’identique ». Angot était dans la dernière liste du Goncourt, elle ne l’aura pas — elle a décroché le Médicis. Le prix avait été décerné en 1978 à la Vie mode d’emploi, de Georges Pérec. Comme chacun sait, le niveau monte.Angot aurait tort de se gêner. Duras avant elle a narré trois fois ses rapports avec un certain Chinois, et l’Amant, la plus dépouillée des versions de cette relation adolescente, lui a permis de rafler le Goncourt. Imaginez donc que Flaubert, après Bovary, ait raconté encore une histoire d’adultère provincial, au lieu d’écrire Salammbô. Les critiques adorent Angot – sauf Naulleau et Jourde – parce que leur article est pré-écrit : l’inceste et ses conséquences.Degré zéro de...

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