Dans le département, les attaques de loups se poursuivent inexorablement, d'année en année. Et ce, malgré la mise en place des protections recommandées par les autorités. Sur le terrain, les éleveurs s'impatientent, jusqu'à agir dans l'illégalité.

Joel* s’arrête en plein milieu d’une phrase. Au loin, quelque chose vient de capter son attention. Son visage se crispe. Il plisse les yeux et, dans le même temps, cherche d’une main sûre la carabine qui ne le quitte plus depuis le mois de juin. Lentement, il l’épaule, garde son doigt le long du pontet, prend une grande respiration et va chercher sa cible dans la lunette de visée. La fluidité du mouvement traduit l’habitude du geste. Quelques secondes passent, puis il abaisse son arme. « J’ai cru voir un loup. Là, sur la crête en face. C’est juste un buisson » sourit-il. Volontiers bonhomme, il l’est beaucoup moins lorsqu’on aborde le sujet de la présence du loup, ici, dans les Hautes-Alpes.La veille, lors d’une longue soirée de causerie, facilitée par l’intimité offerte par une accueillante bergerie nichée à plus de 2 300 m d’altitude, quelque part sur l’un des cols du Champsaur, l’humeur était à la revanche et à l’envie d’en découdre avec la bête. Dans ce département, le quatrième le plus touché par la prédation des loups, il y a eu 365 attaques en 2020 et 1 268 bêtes tuées. Des chiffres qui marquent les esprits. « Les loups n’ont même plus peur de nous. Il faut en tuer plus, il...

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