L'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy comparaît dans l'affaire des sondages de l'Élysée. Un rendez-vous judiciaire qui permet de saisir à quel point il se vivait, à l'époque, en quasi-démiurge. Cette toute-puissance, on la perçoit plus encore quand on se penche sur les enregistrements que faisait l'intéressé à l'insu de ses interlocuteurs. « Marianne » a eu accès à leur retranscription.
Exclusif : les enregistrements de Nicolas Sarkozy par Patrick Buisson

Il est voûté. Un peu ventru. Habillé en noir anthracite de la tête aux pieds, chemise et cravate comprises, ce qui signe une volonté manifeste d’afficher un code couleur. Patrick Buisson a ce regard en coin, percutant et glacial, de ceux qui aiment la bagarre. Il devrait être servi. Le voilà pendant un mois à la barre du tribunal correctionnel de Paris, à répondre de détournements de fonds publics et abus de biens sociaux dans l’affaire des sondages de l’Élysée. Il risque jusqu’à sept ans de prison. Pour une fois, cet homme de l’ombre, ce stratège discret, va devoir jouer les premiers rôles et affronter les projecteurs. À la buvette du Palais de justice, au premier jour de son procès, il maugrée contre… le Parquet national financier (PNF) : « Il y avait plus de 9 000 contrats à l’Élysée sous Nicolas Sarkozy, et on ne pointe que les miens ! » Buisson s’énerve contre les « juges du Syndicat de la magistrature » signale que Macron « doit son élection au PNF » en allusion à l’affaire Fillon… Et si on lui fait remarquer que ce n’est pas le PNF qui juge mais des magistrats indépendants du siège, il s’emporte, fustige « les nominations bien faites de Hollande » et conclut, péremptoire,...

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