Depuis les héros civiques de la République romaine, jusqu'à nos jours, en passant par la Révolution Française, les figures de l'engagement civique et moral ont varié. Comment s'y retrouver ? Rencontre avec l'auteur de « La cause des autres » (PUF).
De la Rome antique à nos jours, une histoire du dévouement politique, selon Olivier Christin

Marianne : Diriez-vous que le livre que vous publiez concerne la solidarité ou le dévouement à la chose publique ?Olivier Christin : C’est un livre sur le dévouement, le désintéressement, l’engagement pour autrui au-delà des intérêts personnels et des calculs : il évoque donc à la fois le service de la Cité (le civisme) et des formes de solidarité entre citoyens. Car contrairement à ce que l’on entend ou lit parfois, les citoyens des démocraties modernes ne sont pas tous et toujours gouvernés par l’individualisme, le souci de soi, l’indifférence civique : nombre d’entre eux prennent le temps et le risque de s’engager pour aider autrui, défendre les plus fragiles, venir au secours de victimes, protéger l’environnement…L’emploi du mot cause n’est pas chez vous anodin. Des expressions comme « la cause de la liberté » ou « la cause commune » sont des usages directement issus de la Révolution Française.« La crise sanitaire nous a mis en présence de gestes de ce type, qui ont été mal décrits par le vocabulaire militaire : "la première ligne", "les héros"…»Jusqu’au XVIIIe siècle, on rencontre parfois des formulations qui pourraient sembler proches des nôtres (comme lorsque nous évoquons...

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