Alors que les témoignages des parties civiles touchent à leur fin cette semaine, la cour d'assises spéciale a entendu ce mardi 26 octobre 2021 trois pères qui ont perdu un enfant dans la fosse du Bataclan. Avec leur chagrin, la folie et la haine se sont invitées à la barre.
Au procès du 13-Novembre : le chagrin, la folie et la haine de trois pères

Il n’y a pas de limite au chagrin. A la folie non plus. Ces deux-là sont cousins. Ils gonflent. Ils enflent. Ils envahissent tout. Ils gangrènent. Ils obscurcissent. Ils paralysent. Ils aveuglent. Ils obnubilent. Ils finissent par tout inonder. Tous ceux qui viennent à la barre de la cour d’assises spéciale luttent, d’une façon ou d’une autre, contre le chagrin. Une lutte à bras le corps. Une lutte corps et âme. Une lutte en direct. Poignante, intense, cruelle. La famille de Guillaume lutte encore. En revanche, contre la folie, sa guerre est perdue. C’est elle qui a pris Guillaume, le 131e mort du 13-Novembre.Guillaume s’est suicidé à l’hôpital le 19 novembre 2017. Deux ans et six jours après être sorti physiquement indemne de la fosse du Bataclan. Deux ans et six jours de combat, « parce qu’il ne voulait plus souffrir », dit son frère à la barre. A ses côtés, assis, son père Alain, a l’air à bout. Le souffle court, ce vieux monsieur aux cheveux blancs porte son chagrin dans ses yeux.Guillaume, 131e victimeCette nuit du 13 novembre, Alain regarde Arte, sans rien comprendre à ce sms de son jeune fils Guillaume : « Je n’ai rien, je suis en sécurité ». Le premier gong du malheur...

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