En nommant l'Espagnol Mikel Arteta entraîneur vendredi, Arsenal effectue un changement de politique risqué en confiant l'équipe à un novice, même si son passé de joueur chez les Gunners et son apprentissage aux côtés de Pep Guardiola plaident pour lui.
Angleterre: Arsenal mise sur Arteta, pari osé ou désespéré ?

En nommant l'Espagnol Mikel Arteta entraîneur vendredi, Arsenal effectue un changement de politique risqué en confiant l'équipe à un novice, même si son passé de joueur chez les Gunners et son apprentissage aux côtés de Pep Guardiola plaident pour lui.

La seconde tentative a été la bonne pour Arteta, 37 ans, ancien milieu de terrain, formé au Barça et passé ensuite notamment par le Paris SG, les Glasgow Rangers, ou Everton.

Il y a 18 mois, il avait été tout près de remplacer Arsène Wenger qui venait de passer 22 ans dans la maison rouge et blanche, ce qui montre qu'il ne manque ni d'ambition, ni de confiance en lui.

Mais ce choix semble tout de même dicté par le sentiment d'urgence d'un club qui n'a gagné qu'un seul de ses 12 derniers matches et qui, 10e à 7 points du top 4, risque d'enchaîner une troisième saison sans Ligue des Champions.

Après tout, les réserves qui avaient poussé la direction du club à lui préférer l'expérimenté Unai Emery, il y a un an et demi, restent tout aussi valables aujourd'hui.

En remplaçant l'Espagnol, qui s'était mis à dos le public et une partie de son équipe, par son adjoint Freddie Ljungberg - une solution interne et un ancien membre des "invincibles" (49 matches sans défaites entre mai 2003 et octobre 2004) -, Arsenal espérait se donner le temps de bien choisir son futur coach.

- Guardiola comme mentor -

Mais les résultats toujours aussi médiocres et les conditions compliquées dans lesquelles il devait mener sa tâche - il n'avait dans son staff que Per Mertesacker, également directeur du centre de formation et l'entraîneur des gardiens de but -, avaient poussé Ljungberg lui-même à demander dimanche dernier à ses dirigeants de se décider rapidement.

On s'attendait à voir les pensionnaires de l'Emirates Stadium se tourner vers des entraîneur du calibre de Carlo Ancelotti, écarté à Naples récemment, ou Massimo Allegri, voire Rafael Benitez, actuellement en Chine...

Arsenal s'est finalement plié à la tendance forte du moment au sein du "big 6" anglais: confier les rènes à un ancien joueur emblématique pour créer un lien avec un passé glorieux pendant qu'il est encore chaud.

Cela a été le cas avec Ole Gunnar Solskjaer à Manchester United et Frank Lampard à Chelsea, avec des résultats contrastés.

Ses 150 matches sous les ordres de Wenger entre 2011 et 2016, ses deux coupes d'Angleterre et deux Community Shields remportés et son statut d'ancien capitaine plaident pour Arteta.

Formé comme joueur au Barça, il avait choisi Pep Guardiola comme mentor quelques mois après la fin de sa carrière à l'été 2016 et il ne fait donc aucun doute qu'il a appris son nouveau métier d'entraîneur auprès de l'un des tout meilleurs coach au monde sur les dix dernières années.

- "Pas du jour au lendemain" -

Tout cela fait de lui un jeune entraîneur à fort potentiel. Mais quand même sans expérience.

En débutant à Arsenal, il est assuré du soutien du club et du public. Il aura certainement l'oreille des joueurs et il connaît le championnat par cœur.

"C'est un immense honneur. Arsenal est l'un des plus grands clubs du monde. Nous voulons être compétitifs pour remporter les plus grands trophées", a clamé Arteta dans le communiqué.

Mais l'ampleur du chantier a de quoi refroidir l'enthousiasme. L'entraîneur novice va hériter d'une équipe sans identité de jeu claire et sans grande force de caractère depuis le début de la saison.

Il devra faire avec un assemblage de joueurs hétéroclite où figurent tout de même quelques joueurs de top niveau comme Pierre-Emerick Aubameyang, Alexandre Lacazette en attaque ou Bernd Leno dans les cages.

Mais il devra aussi composer avec des "stars" loin de leur niveau supposé (Mesut Özil, David Luiz), quelques jeunes prometteurs comme le milieu français Mattéo Guendouzi (20 ans) ou l'attaquant brésilien Gabriel Martinelli (18 ans) et pas mal de joueurs assez moyens.

"Nous savons tous qu'il y a beaucoup de travail à faire pour y arriver, mais j'ai confiance dans le fait qu'on y arrivera", a-t-il promis avant de tempérer: "mais je suis réaliste, je sais que ça ne se fera pas du jour au lendemain".

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