A quelle sauce seront-ils mangés ? Après plusieurs mois de concertations, le gouvernement s'apprête enfin à dévoiler les bouleversement engendrés par la réforme des retraites. Pourtant, il semblerait que l'exécutif travaille discrètement à une seconde réforme… De quoi ajouter encore plus de complexité a un sujet déjà flou et angoissant.

Réforme des retraites : cet autre sujet majeur pour le gouvernement

C’est "une bombe", assure Le Parisien. Depuis des mois, Jean-Paul Delevoye consulte les partenaires sociaux et travaille à la construction de l’une des plus importantes réformes du quinquennat d’Emmanuel Macron : la recomposition du système de retraite français. Un chantier ambitieux, potentiellement dangereux, que le président de la République a déjà fait repousser à plusieurs reprises. Visiblement inquiet par les conséquences électorales que pourrait avoir un tel ajournement de notre modèle de solidarité intergénérationnelle, le chef de l’Etat aurait travaillé à une seconde réforme, d’abord gardée secrète. Un séminaire gouvernemental sur ce sujet aurait d’ailleurs dû se tenir le 7 juillet 2019, explique le quotidien régional. Toutefois, il a finalement été ajourné.

Cette autre réforme à laquelle s’emploie l’exécutif ne concerne pas tant l’organisation du système des retraites que l’aspect purement comptable du modèle. Elle n’a d’ailleurs jamais figuré dans le programme d’Emmanuel Macron, rappelle Ouest France, mais pourrait être appliquée dès 2020. Les cercles du pouvoir parlent d’ailleurs d’ajustements "paramétriques".

Fondamentalement, il s’agirait de durcir drastiquement les conditions de départ à la retraite. Pour financer une troisième réforme - destinée à faciliter la vie des Françaises et des Français en situation de dépendance -, le gouvernement a besoin d’argent. C’est pourquoi les équipes de Bercy militent pour une révision de la durée totale de cotisation : selon eux, il faudrait l’augmenter d’un trimestre chaque année jusqu’en 2025.

Concrètement, cela signifierait que les générations nées entre 1959 et 1963, "qui se pensaient à l’abri du changement" souligne Le Parisien, seraient directement concernées. Et le gouvernement pourrait bénéficier d’une économie de 3 à 4 milliards d’euros…

"Ce n’est pas pour des raisons budgétaires, mais pour stimuler la croissance. La France travaille moins que nos voisins européens, en raison du chômage, de l’entrée tardive en emploi, et d’un taux d’activité encore trop faible des seniors. Il faut travailler davantage", s’est expliqué le ministère de l’Economie. Celui-ci prône donc un alourdissement de la décote, pour amputer encore davantage la pension des retraités qui choisissent de partir plus tôt en retraite.