Protoxyde d'azote : la vente désormais interdite aux particuliers après le vote du Sénat
Hier soir, le Sénat a franchi une étape décisive en votant l'interdiction totale de la vente de protoxyde d'azote aux particuliers.
Face à l'explosion des accidents de la route et des risques sanitaires graves, ce gaz aux propriétés euphorisantes subit un encadrement strict. Le texte voté par la chambre haute dote les autorités d'outils juridiques solides pour endiguer un fléau grandissant. Les élus entendent ainsi enrayer une mode dévastatrice qui touche particulièrement la jeunesse. Les forces de l'ordre disposeront de moyens élargis pour effectuer des contrôles ciblés.
Le Sénat dit stop au gaz hilarant pour le grand public
Le 26 février 2026, les sénateurs ont adopté une proposition de loi interdisant la vente, l'offre, la détention et le transport de protoxyde d'azote pour les particuliers, rapporte Sud Radio. Cette décision apporte une réponse ferme à l'échec des mesures précédentes. Le nouveau texte vient en effet combler les lacunes de la loi du 1er juin 2021, laquelle se limitait à prohiber la vente aux mineurs, selon les informations de Libération. Cette avancée législative met fin à un flou juridique qui compliquait considérablement l'action des élus locaux. Les municipalités se trouvaient souvent démunies face aux rassemblements festifs où proliféraient les bonbonnes métalliques. La sénatrice Marion Canalès a d'ailleurs rappelé, selon Maire-Info, que les arrêtés municipaux d'interdiction pris jusqu'ici restaient "très fragiles juridiquement". La nouvelle réglementation offre donc un cadre national protecteur.
Santé et sécurité routière face aux chiffres alarmants d'un danger banalisé
Le texte sénatorial fait suite à une explosion spectaculaire de l'insécurité routière liée à l'inhalation de ce produit. Le média Maire-Info recense plus de 450 accidents routiers graves impliquant le protoxyde d'azote en 2025, un bilan dramatique multiplié par quarante en l'espace de six ans. Cette hécatombe s'explique par une pratique devenue massive chez les jeunes générations. Une enquête menée par l'institut Ipsos pour la Fondation VINCI Autoroutes en octobre 2025 révèle que "1 jeune de moins de 35 ans sur 10 a déjà consommé du protoxyde d'azote lors d'une soirée entre amis". Pire encore, l'étude souligne un comportement à haut risque puisque "parmi eux, 1 sur 2 en a pris en conduisant". En plus de l'asphyxie immédiate, les risques sanitaires se révèlent irréversibles. L'usage répété entraîne des carences aiguës en vitamine B12, provoquant des atteintes de la moelle épinière et des troubles neurologiques profonds. L'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a signalé en avril 2025 des troubles neurologiques sévères chez des nouveau-nés dont les mères consommaient cette substance durant leur grossesse, indique Maire-Info. Ces pathologies nécessitent souvent de très lourdes rééducations.
Les changements liés à cette interdiction pour les Français
Le protoxyde d'azote ne sera plus accessible en supermarché ou sur internet pour le consommateur lambda. Un futur décret devra préciser les catégories professionnelles, telles que les pâtissiers ou les médecins, qui conserveront un droit d'achat légal, rapporte Libération. Les amateurs de cuisine domestique devront abandonner l'usage des siphons traditionnels fonctionnant avec ces cartouches spécifiques. La détention et le transport de bouteilles ou de cartouches sans motif légitime feront désormais l'objet de sanctions administratives et pénales strictes. Le texte prévoit aussi l'introduction de mesures de prévention directement dans le Code de l'éducation pour sensibiliser les collégiens et les lycéens. Le Parlement s'étant exprimé, les sénateurs pressent le gouvernement d'agir rapidement. L'élue Marion Canalès a souligné l'urgence de la situation en déclarant à l'AFP, relayée par Libération : "Il faut que le gouvernement se saisisse de ce sujet. Plutôt que d'être poussif dans des navettes parlementaires, l'idée c'était de dire, le Parlement s'est exprimé".