Pour mener à bien sa réforme des retraites, le gouvernement peut compter sur un allié bien pratique. Prêts à prendre en tenaille les syndicats, ces deux acteurs de la vie politique ont trouvé la tactique idéale pour l'emporter.
Réforme des retraites : connaissez-vous l'allié secret d'Emmanuel Macron ?AFP

Cette fois-ci, ce n’est pas Jean-Paul Delevoye. L’ancien haut-commissaire aux retraites, qui - des mois durant - a porté le projet du gouvernement vient de démissionner, indique Le Monde. Pour mener à bien la mère des réformes, c’est sur un autre allié que compte l’exécutif, à en croire les propos rapportés par Le Parisien. Dans les colonnes du quotidien s’expriment des "stratèges de la macronie" et autres "collaborateurs d’un ministre influent". Ils reviennent sur la stratégie mise en place au sommet de l’Etat pour reprendre la main sur un dossier qui fait pourtant l’objet de fortes contestations.

C’est "autre allié" objectif, c’est le Mouvement des entreprises de France (Medef), dirigé par Geoffroy Roux de Bézieux. C’est sur son aide que compte le chef de l’Etat pour contraindre les syndicats à négocier… Sans pour autant en espérer le moindre résultat. C’est d’ailleurs là que réside l’entourloupe. Car si les discussions entre le patronat et les organisations salariées ne donnent lieu à aucun accord, le gouvernement reprend la main. 

"Le Medef a clairement dit qu’il soutenait l’allongement de la durée de cotisation et l’âge pivot de 64 ans que propose le gouvernement pour financer le système. Il a donc tout intérêt pour les faire capoter", estime Rémi Bourguignon pour le titre de presse. En s’assurant que les échanges achoppent, le Medef place ses pions autant qu’il sert le chef de l’Etat, explique le professeur des universités à Paris-Est-Créteil, spécialiste du dialogue social.

Les syndicats obligés de négocier pour ne pas perdre la bataille ?

Le piège est connu et ce n’est pas la première fois que l’alliance Medef-exécutif joue cette partition. Plus tôt durant le quinquennat, ils avaient déjà mis en place cette stratégie, sur le dossier de l’assurance chômage, rappelle le "collaborateur d’un ministre influent". "Tactiquement, ce que fait en ce moment Edouard Philippe est très habile. L’idée de refaire le même coup que pour l’assurance chômage a d’ailleurs été clairement verbalisée ces derniers jours. Les syndicats vont avoir le sentiment de négocier avec un pistolet sur la tempe", se vante-t-il.

Pourtant, ils ne pourront pas ne pas y aller, assure l'universitaire. "S’ils ne veulent pas participer à la négociation, ils seront accusés de ne pas jouer le jeu. Et s’ils acceptent, ils vont se retrouver avec une équation compliquée à résoudre car la base de travail offerte par le gouvernement ouvre quand même peu d’espace", souligne-t-il.

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