Nice : Bruno Retailleau de choisir entre Estrosi et Ciotti provoque un séisme à droite

Publié par Matthieu Chauvin
le 18/03/2026
Bruno retailleau
abacapress
© Stevens Tomas/ABACA
À quelques jours du second tour des municipales 2026, Bruno Retailleau crée l’onde de choc en refusant de soutenir Christian Estrosi face à Éric Ciotti à Nice. Un message envoyé aux électeurs pour que l'union des droites aboutisse.

Ce revirement spectaculaire bouleverse la fin de la campagne sur la Côte d'Azur, laissant les observateurs stupéfaits. La capitale maralpine, fief historique de la droite républicaine, devient le théâtre d'une bataille fratricide aux conséquences nationales immédiates. La décision redessine la carte électorale locale et interroge l'avenir politique du parti.

Un coup d'éclat politique sur BFMTV

Ce mercredi 18 mars 2026, le président des Républicains a officiellement retiré son appui au maire sortant Christian Estrosi (Horizons) pour le second tour, selon les informations rapportées en direct par BFMTV. Justifiant sa position inattendue, le sénateur de la Vendée a dénoncé une campagne niçoise "délétère." Il a ainsi renvoyé les deux candidats dos à dos, affirmant avec fermeté que "c’est aux Niçois de trancher dans les urnes." Cette prise de parole publique contredit frontalement l'accord national scellé plusieurs semaines auparavant entre LR et Horizons. Ce pacte électoral prévoyait un soutien mutuel systématique, particulièrement dans cette métropole hautement symbolique. Le patron de la droite balaie ainsi les engagements pris par son propre camp.

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Nice comme laboratoire de la fracture des droites

Les résultats du premier tour du 15 mars 2026 placent Éric Ciotti (UDR, allié au RN) largement en tête avec 43,43 % des suffrages, devançant Christian Estrosi et ses 30,92 %, reléguant l'écologiste Juliette Chesnel-Le Roux à 11,93 %. Face à ce retard conséquent, le maire sortant se retrouve en posture de challenger. Bruno Retailleau explique son retrait par la stratégie électorale de Christian Estrosi, l'accusant de chercher un "secours à gauche » et de céder à de dangereux "appels au communautarisme." Cette fracture déclenche une véritable guerre des chefs au sommet de l'appareil politique.

Selon un communiqué officiel relayé par Le Parisien, le président du Sénat Gérard Larcher et l'ex-Premier ministre Michel Barnier réaffirment leur appui inébranlable à Christian Estrosi. Ils martèlent que "cet accord doit être respecté" au nom de la parole donnée. L'abstention calculée de Bruno Retailleau est analysée par plusieurs éditorialistes comme un signal de bienveillance envers la ligne de l'union des droites portée par le député maralpin Eric Ciotti. Sur le réseau X, ce dernier a immédiatement salué l'initiative de son ancien collègue : "Je remercie Bruno Retailleau d’avoir condamné la campagne délétère de Christian Estrosi et de retirer son soutien au candidat macroniste."

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Des électeurs déboussolés et un parti au bord de la rupture

Pour l'électeur niçois de droite traditionnelle, historiquement attaché à la stabilité, le message devient totalement illisible. Ce défaut de consigne claire risque de démobiliser le camp modéré et de favoriser directement la victoire d'Éric Ciotti. Les électeurs hésitant entre le barrage au Rassemblement national et la sanction de la majorité présidentielle se retrouvent sans boussole politique. Ce précédent azuréen menace de faire exploser toutes les alliances tissées entre LR et Horizons dans d'autres métropoles majeures, telles que Paris ou Marseille. 

Le parti s'expose ainsi à une scission définitive entre une frange jugée macron-compatible et une autre séduite par l'alliance identitaire. En refusant de trancher, Bruno Retailleau préserve soigneusement sa propre ligne idéologique en vue de l'élection présidentielle de 2027. Il laisse néanmoins le champ libre à une bascule fracassante de la cinquième ville de France vers l'alliance UDR-RN lors du scrutin décisif du 22 mars 2026. Ce scénario mettrait fin brutalement à dix-huit ans de règne continu de l'ère estrosiste, marquant un basculement inédit sous la Ve République.

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