Il s'agit du premier scrutin local pour Emmanuel Macron et d'un enjeu important pour l'ensemble des partis politiques. Les élections municipales pourraient rebattre les cartes de la politique en France. Quelles sont les modalités du scrutin ? Qui est candidat dans quelle ville ? Que disent les sondages ? Tout ce que vous devez savoir sur ces élections très attendues.
Élections municipales 2020 : dates, candidats, sondages… Tout ce qu’il faut savoirAFP

C’est le deuxième grand rendez-vous électoral du quinquennat d’Emmanuel Macron. Les élections municipales ont lieu cette année dans les quelque 36 000 communes de France, alors que la France a été touchée par deux crises sociales d’ampleur. Les électeurs vont-ils renouveler leur confiance à leur maire ou vont-ils au contraire bouder le scrutin ? Pour la première fois, des candidats de La République en marche sont investis pour ce scrutin, qui pourrait finalement être une sanction contre la présidence d’Emmanuel Macron. En 2014, les candidats de droite l’avaient emporté dans une grande majorité des communes, au détriment du Parti socialiste, qui était alors au pouvoir.

Municipales 2020 : dates, scrutin… Tout ce qu'il faut savoir

Comment se déroule le scrutin ?

Cette année, les élections municipales auront lieu au mois de mars, plus précisément le dimanche 15 mars pour le premier tour et le dimanche 22 mars pour le second tour. Les conseillers municipaux d’une commune sont élus au suffrage universel direct et ce sont eux qui élisent ensuite le maire. L’organisation du scrutin dépend grandement de la taille d’une ville, explique le site officiel du service public.

Pour les communes de moins de 1 000 habitants, l’élection se déroule au scrutin majoritaire plurinominal à deux tours. Les candidats peuvent être élus dès le premier tour, à condition qu’ils obtiennent la majorité absolue – c’est-à-dire la majorité des voix plus une. Si ce n’est pas le cas, un second tour est organisé où il suffit, cette fois-ci, d’obtenir la majorité relative.

Pour les villes de plus de 1 000 habitants, les conseillers municipaux sont élus selon un scrutin de liste à deux tours avec représentation proportionnelle. Dans ce cas de figure, les candidats se présentent en listes, qu’il n’est pas possible de modifier lors du vote. Comme pour les communes de moins de 1000 habitants, les candidats peuvent être élus dès le premier tour en cas de majorité absolue. Si ce n’est pas le cas, un second tour est organisé, auquel peuvent participer les listes qui ont obtenu au moins 10% des suffrages exprimés.

À quelle heure ouvrent et ferment les bureaux de vote ?

Le dimanche 15 et le dimanche 22 mars, les bureaux de vote seront ouverts dès 8 heures du matin et, dans la majorité des cas, jusqu’à 18 heures. Dans les grandes villes de l’Hexagone – notamment Paris, Bordeaux et Lyon – les bureaux de vote pourront être ouverts jusqu’à 20 heures. Attention, comme l’explique le site officiel du service public, le bureau de vote n’est pas un endroit ouvert à tous. Seules les personnes qui tiennent le bureau de vote, qui y votent ou qui en assurent la sécurité peuvent y pénétrer au moment du scrutin. Le site officiel du service public précise également que "toute discussion ou délibération d’électeurs à l’intérieur du bureau est interdite". En cas de trouble à l’ordre public, le président du bureau de vote peut faire expulser un électeur.

Jusqu’à quand peut-on s’inscrire sur une liste électorale ?

Vous souhaitez vous inscrire sur une liste électorale, mais vous n’avez pas eu le temps de le faire avant la fin de l’année 2019 ? Pas de panique, comme l’explique le service public, il est désormais possible de s’inscrire sur une liste électorale et de voter la même année. Concernant 2020, les retardataires peuvent effectuer leurs démarches jusqu’au 7 février 2020. Il existe des dérogations pour certains électeurs, mais sous certaines conditions : il peut s’agir par exemple d’un Français qui vient d’avoir 18 ans, des suites d’un déménagement, d’une récente acquisition de la nationalité française ou encore d’un droit de vote recouvré.

Qui peut être candidat ?

Cinq conditions sont à remplir pour pouvoir être éligible comme conseiller municipal. Comme l’explique le site officiel du service public, le candidat doit être français ou ressortissant de l’Union européenne, être âgé de 18 ans révolus le jour du scrutin, avoir satisfait aux obligations militaires, être électeur de la commune où il se présente et être candidat au sein d’une seule circonscription électorale.

Qui peut voter ?

Pour les élections municipales de 2020, tous les citoyens de 18 ans et plus sont appelés aux urnes. Attention toutefois, il est nécessaire de remplir quelques conditions au préalable. Premièrement, il est nécessaire de jouir de ses droits civiques et politiques. Certaines personnes majeures sous tutelle peuvent ainsi être exclues du vote par la décision d’un juge, tout comme certains condamnés qui peuvent être privés de leur droit de vote, pour une durée déterminée. Si vous souhaitez vous rendre aux urnes le 15 mars prochain, vous devez impérativement être inscrit sur les listes électorales.

Les ressortissants de l’Union européenne vivant en France peuvent également voter aux élections municipales. Les États-membres de l’Union européenne sont : l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, la Bulgarie, Chypre, la Croatie, le Danemark, l’Espagne, l’Estonie, la Finlande, la Grèce, la Hongrie, l’Irlande, l’Italie, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, Malte, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la République tchèque, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie et la Suède. En ce qui concerne le Royaume-Uni, la date du Brexit est fixée pour l’instant au 31 janvier 2020, soit bien avant les élections municipales. Comme l’explique le site du service public, "à compter du retrait effectif du Royaume-Uni de l’Union européenne, les ressortissants britanniques résidant en France ne pourront plus voter et se présenter aux élections municipales".

Le vote blanc compte-t-il dans le scrutin ?

Lors d’un scrutin, certains électeurs choisissent le vote blanc, c’est-à-dire qu’ils déposent dans l’urne une enveloppe vide ou qui contient un bulletin sans le nom d’un candidat. Depuis 2014, les bulletins sont comptabilisés de manière séparée des bulletins nuls et le nombre de votes blancs est mentionné dans les résultats du scrutin. Ils ne comptent pas dans les suffrages exprimés.

Comme l’explique le site officiel du service public, "dès lors que les votes blancs ne sont pas pris en compte dans les suffrages exprimés, leur nombre n’est pas pris en compte dans le résultat de l’élection". Les bulletins blancs ne sont pas distribués dans les bureaux de vote, où ils sont même interdits. En 2017, le Conseil constitutionnel avait annulé les suffrages émis au second tour de l'élection présidentielle dans des communes où des bulletins blancs avaient été placés à côté des bulletins de vote des candidats.

La parité doit-elle être respectée ?

Les listes des candidats pour les élections municipales doivent désormais être paritaires et respecter l’alternance "femme/homme", sauf pour les communes de moins de 1 000 habitants. "La parité s’applique non seulement au stade des listes de candidats aux fonctions électives, mais également dans le cadre de l’élection des adjoints au sein du conseil municipal", explique le site officiel de la vie publique. "La liste des candidats au conseil intercommunal est composée alternativement d’un candidat de chaque sexe pour chaque commune", est-il ajouté.

Quel est le rôle du maire ?

Alors que les élections municipales de 2020 approchent à grand pas, certains se demandent quel est le rôle d’un maire ? Comme l’explique le site officiel du service public, le maire possède une double casquette puisqu’il est à la fois un agent de l’État et une personne qui agit au nom de la commune.

Comme agent de l'État, il s’occupe notamment de la publication des lois et règlements, de l’organisation des élections et de la légalisation des signatures. Dans le domaine judiciaire, il est placé sous l’autorité du procureur de la République pour lequel il est officier d’état civil et officier de police judiciaire.

Lorsqu’il représente la commune, le maire est chargé de l’exécution des décisions du conseil municipal. Il est le représentant de sa commune, pour laquelle il signe des contrats, prépare le budget et gère le patrimoine communal. Le maire doit également maintenir l’ordre public.

À quoi servent les conseillers communautaires ?

Lors des élections municipales des 15 et 22 mars prochains sont également organisées les élections communautaires. Le but ? Désigner les membres des organes délibérants des intercommunalités, explique le site officiel du service public. Les conseillers communautaires représentent les communes au sein des organes délibérants des EPCI, les établissements publics de coopération intercommunale. Il s’agit par exemple des syndicats de communes, des communautés de communes, des communautés urbaines, des communautés d’agglomération, des syndicats d’agglomération nouvelle et des métropoles.

Au sein des communes de moins de 1 000 habitants, les conseillers communautaires sont désignés parmi les conseillers municipaux qui sont élus. Concernant les villes de plus de 1 000 habitants, les conseillers sont élus à la fois pour un mandat de conseiller municipal et pour un mandat de conseiller communautaire, mais ils sont sur deux listes distinctes. Lors du scrutin, l’électeur utilise un seul bulletin de vote, dans lequel figure à la fois la liste de candidats aux élections municipales et celle qui lui est liée pour les candidats au mandat de conseiller communautaire.

Des communes bientôt sans maire ?

Jamais la fonction de maire n’aura séduit aussi peu de personnes. Selon une récente étude du Cevipof et de l’AMF, près d’un maire sortant sur deux hésiterait à se représenter aux élections municipales de 2020. Un constat qui concerne principalement les maires des petites communes puisqu’ils sont 55 % à se poser la question. Parmi les raisons qui poussent les maires à abandonner leur mandat électif : le fait de vouloir privilégier leur vie personnelle (71 %), le trop grand investissement en tant que leur impose le métier (52 %), le manque de moyens financiers pour mener leur action à bien (34 %) ou encore le manque de reconnaissance (15 %).

Ce qui a changé avec l'élection d'Emmanuel Macron

Cela fait plus de deux ans et demi, désormais, qu’il siège à l'Élysée. Depuis le palais présidentiel, Emmanuel Macron mène sa politique et chamboule les cartes des anciens mouvements majeurs de la Vème République, comme Les Républicains (LR) ou le Parti Socialiste (PS). Une transformation radicale de la scène électorale qui ne se ressent pas que lors d’élections nationales, mais qui affecte aussi le scrutin local. Fini le clivage gauche-droite, La République en marche entend bien peser dans ce scrutin.

Les duels attendus dans les grandes villes

Certains scrutins sont plus attendus que d’autres dans de nombreuses villes de l’Hexagone. Les élections seront particulièrement suivies à Paris, où La République en marche souhaite prendre l’Hôtel de Ville, dont les clés sont détenues depuis 19 ans par la gauche. À Lyon, Gérard Collomb fait tout pour conserver sa place, alors que certains n’hésitent plus à le concurrencer ouvertement. À Bordeaux, qui succèdera à Alain Juppé, qui a laissé la ville à son dauphin ? À Marseille, le scrutin s’annonce d’ores et déjà historique alors que le maire sortant Jean-Claude Gaudin a décidé de passer la main après 25 ans au pouvoir. À Lille, Martine Aubry sera-t-elle réélue pour son quatrième et dernier mandat ?

Qui est candidat à Paris ?

La perspective d’être maire de la plus belle ville du monde en séduit beaucoup. Anne Hidalgo a succédé à Bertrand Delanoë en 2014 et devrait être candidate à sa propre succession. Parmi ceux qui veulent lui ravir sa place, se trouvent le candidat LREM Benjamin Griveaux, le dissident Cédric Villani et, du côté des Républicains, Rachida Dati. Du côté des Insoumis, c’est l’ancien footballeur Vikash Dhorasoo qui a été choisi.

Qui est candidat à Lyon ?

Un duel fratricide s’annonce à Lyon entre Gérard Collomb et son dauphin David Kimelfeld, qui briguent chacun la présidence de la métropole. Pour ce scrutin des municipales, les deux hommes seront opposés à Bruno Bernard (EELV), François-Noël Buffet (LR), Andréa Kotarac (investi par le RN), Renaud Payre et Annie Guillemot.

Qui est candidat à Marseille ?

Marseille aura un nouveau maire pour la première fois depuis vingt-cinq ans. Plusieurs candidats souhaitent succéder à Jean-Claude Gaudin : Martine Vassal (LR), Yvon Berland (LREM), Jean-Philippe Agresti, Michèle Rubirola (PS, LFI, PC), Sébastien Barles (EELV), Christophe Madrolle ("Les Ecologistes") et Samia Ghali ("Marseille avant tout").

Qui est candidat à Bordeaux ?

Le successeur d’Alain Juppé, Nicolas Florian sera opposé à Thomas Cazenave (LREM), Pierre Hurmic (PS, PC, PRG, EELV), Bruno Paluteau (RN) et Pascal Jarty. Un temps donné candidat, l’ancien élu PS Vincent Feltesse a finalement renoncé à se présenter.

Quelles célébrités se présentent ?

Certaines célébrités n’hésitent pas à concurrencer les politiciens de premier plan qui se présentent aux élections municipales. À Montpellier, les électeurs pourront choisir de glisser un bulletin au nom de Rémi Gaillard, un humoriste et vidéaste très engagé dans la cause animale. À Paris, Vikash Dhorasoo a décidé de porter les couleurs des Insoumis pour ce scrutin. En Seine-et-Marne, plus précisément à Moissy-Cramayel, c’est le chanteur Francky Vincent qui a décidé de se porter candidat sur une liste sans étiquette. Enfin, à Marseille, l’ancien handballeur français Jackson Richardson a décidé de soutenir le candidat des Républicains Bruno Gilles.

Que disent les derniers sondages ?

D’après les différents sondages réalisés au niveau local, les écologistes connaissent une forte poussée dans plusieurs grandes villes de France, notamment Paris, Montpellier, Bordeaux, Nantes et Rouen. À Nice, Lille, Paris et Toulouse, les maires sortants parviennent à se maintenir dans l’opinion. Les différents sondages, commandés par des médias ou par des candidats, sont disponibles sur le site de la Commission des sondages.

D’après les différents résultats répertoriés, La République en marche ne réussit pas son implantation au niveau local et n'arrive en tête dans aucune des grandes villes de France. Seule la ville de Lyon semble pouvoir être remportée par le candidat de La République en marche. Marseille, Nice, Nantes, Bordeaux, Lille, Grenoble et même Paris semblent inatteignables pour les candidats du parti présidentiel.

Autre enseignement des sondages parus ces derniers mois, les maires sortant parviennent à garder leur fauteuil dans plusieurs villes de France. C’est le cas pour Christian Estrosi à Nice, pour Martine Aubry à Lille, Nicolas Florian à Bordeaux et Anne Hidalgo à Paris. Mais, à moins de trois mois du scrutin, tout peut encore se jouer.

Quels enjeux pour les différentes forces politiques ?

Le test de Macron à mi-mandat

Les élections municipales de mars 2020 sont le deuxième grand rendez-vous électoral depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron et sont un test pour sa présidence, déjà malmenée par de crises sociales d’ampleur. L’enjeu pour le parti d’Emmanuel Macron est de s’implanter dans les territoires où La République en marche n’a aucun élu. Avec, dans le viseur, les élections sénatoriales, qui doivent se dérouler en octobre 2020.

Les Républicains veulent préserver un maximum de villes

Après une défaite cuisante à l’élection présidentielle en 2017 et aux élections européennes de 2019, Les Républicains espèrent redresser la barre avec les élections municipales de 2020. L’objectif pour le parti de droite ? Conserver un maximum des villes que ses élus ont en leur possession. En 2014, le parti a réussi à reprendre près de 70 villes à la gauche et il ne compte pas les laisser, ni au Parti socialiste, ni à La République en marche.

Un scrutin de la dernière chance pour le Parti socialiste

Alors qu’ils se retirent progressivement de l’avant-scène de la politique nationale, les membres du Parti socialiste aimeraient pouvoir garder les grandes villes qu’ils possèdent, notamment Paris, Lille, Rennes, Nantes et leur ancrage territorial.

Un scrutin d’ambition pour le Rassemblement national

Après les élections européennes, le Rassemblement national entend bien récupérer plusieurs villes de l’Hexagone lors des élections municipales, notamment Perpignan. Dans les Hauts de France, où le parti est implanté dans de nombreuses villes, l’objectif sera de garder les mairies déjà acquises.

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