A quelques semaines des élections européennes, chaque parti affûte ses lames et prépare ses assauts. Pourtant, alors que la majorité des sondages annoncent un duel LREM-RN, c'est à la droite Républicaine que le gouvernement a réservé ses piques...
AFP

L’étrange ennemi d’Edouard Philippe : pourquoi le Premier ministre s’en prend à la droite

"Je suis parti de mon ancienne formation politique parce qu’elle était incapable de dire si elle préférait voter pour Emmanuel Macron ou pour Marine Le Pen, en rupture complète avec l’héritage de Jacques Chirac", s’est récemment agacé Edouard Philippe dans les colonnes du Figaro, avant de s’en prendre brutalement à "cette droite du Trocadéro" qui n’aurait "que des postures politiciennes à opposer à ceux qui font des choix courageux". Une attaque que ses anciens camarades n’ont que peu apprécié et qui, à l’approche des élections européennes, a de quoi surprendre. Particulièrement quand on sait que l’écrasante majorité des sondages annoncent un duel tendu entre le Rassemblement national (ex-FN) et la liste La République en Marche (LREM) portée par Nathalie Loiseau.

Pourtant, l’attaque du Premier ministre n’a rien d’anodin : elle vise justement à siphonner la droite républicaine de son électorat traditionnel, souligne le Journal du Dimanche. "Il y a un duel à mort entre LREM qui veut garder cette fraction importante de l’électorat de droite qui soutient Emmanuel Macron et se dit prête à voter pour LREM aux européennes et François-Xavier Bellamy qui doit faire revenir au bercail tout le segment historique de l’électorat de droite", explique d’ailleurs le directeur général adjoint de l’Ifop, Frédéric Dabi.

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En invoquant la "droite du Trocadéro", Edouard Philippe fait référence à la campagne menée par François Fillon qui avait dû faire appel aux réseaux de Sens commun et de la Manif pour tous pour sauver sa candidature. Ce faisant, indique Le Figaro, il insiste sur la dimension la plus conservatrice de son ancienne famille politique pour pousser les électeurs les plus modérés à venir - ou regagner - le giron de la Macronie.

D’après les informations de Paris Match, reprises par le Journal du Dimanche, 50% des électeurs ayant voté pour François Fillon au premier tour de l’élection présidentielle de 2017 sont aujourd’hui séduit par la tête de liste de la droite.  La République en Marche, elle, ne parvient à convaincre que 26% de cette frange de l’électorat.

Edouard Philippe : un Premier ministre qui a trahi ?

"La droite ‘Trocadéro’, c’est la famille qui ne rompt pas dans la tempête. Celle qui ne trahit pas ses valeurs pour des postes auprès d’un ancien ministre socialiste. Celle qui considère qu’il y a une culture française", a asséné Eric Ciotti dans un tweet, en réponse à Edouard Philippe.

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Il est d’ailleurs loin d’être le seul élu de droite à avoir réagi, souligne Le Figaro. Laurent Wauquiez  s’est également fendu d’une petite attaque. "Le Premier ministre explique qu’il n’aime pas la droite Trocadéro. Etonnant Premier ministre… Il ne l’aime pas parce que c’est la droite qui ne renonce pas, la droite qui ne baisse pas la tête, la droite qui ne trahit pas. Il n’aime tout simplement pas la droite", a-t-il estimé.

Naturellement, l’ancien maire du Havre n’a pas laissé faire, rappelle Le Point. "Je ne résiste pas au fait de vous citer Churchill, qui disait ‘il y en a qui changent d’idées pour rester dans le même parti. Et il y en a qui changent de parti pour rester fidèles aux mêmes idées’", a-t-il répliqué.

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