Au lendemain des législatives, à l'issue desquelles le parti présidentiel n'a obtenu qu'une majorité relative, le chef de l'Etat a décidé de clarifier la stratégie du gouvernement face à cette situation inédite. Il s'est exprimé hier dans une allocution télévisée de quelques minutes. Ce qu'il faut vraiment en retenir.
Blocage à l'Assemblée : les 5 points de pression d'Emmanuel Macron

Trois jours après le second tour des élections législatives, le Président de la République Emmanuel Macron s’est exprimé, mercredi soir, lors d’une allocution télévisuelle. Le but ? Rassurer, et clarifier la position du gouvernement pour la suite. Ce dimanche, le parti présidentiel n’a obtenu qu’une majorité relative à l’Assemblée, avec 245 sièges, une première sous la 5e République. 

Voici la composition inédite de l’Assemblée nationale depuis dimanche :

  • Ensemble! (majorité présidentielle) : 245 sièges
  • Nupes : 131 sièges
  • Rassemblement national : 89 sièges
  • Les Républicains : 61 sièges
  • Divers gauche : 22 sièges
  • Régionalistes : 10 sièges
  • Divers droite : 10 sièges
  • Divers centre : 4 sièges
  • Union des Démocrates et Indépendants : 3 sièges
  • Droite souverainiste : 1 siège
  • Divers : 1 siège

Législatives 2022 : le gouvernement Macron fragilisé

Dans un tel contexte, il pourrait être difficile pour Macron d’appliquer son programme, puisqu’il devrait se heurter quasi systématiquement à une opposition en nombre. 

En début de semaine, le président a ainsi reçu la démission de sa première ministre,Elisabeth Borne, qu’il a refusée. Trois de ces ministres doivent par ailleurs quitter le gouvernement, après avoir été battus dans leur circonscription. 

Le gouvernement, donc, est en ce moment légèrement fragilisé. 

Mais il en faut plus pour décourager le chef de l’Etat. Mercredi soir, dans une tentative à la fois de rassurer la nation, de clarifier sa stratégie et de lancer un appel à ses adversaires politiques, Emmanuel Macron s’est exprimé lors d’une allocution télévisée assez attendue. 

Dans les jours précédant l’intervention, Emmanuel Macron aurait parlé d’un gouvernement d’union nationale à plusieurs dirigeants politiques, notamment Fabien Roussel (PCF). Tous ont refusé la mise en place d’une telle alternative.

Coalition, compromis, rupture, blocage… Comment le président aborde-t-il la suite, et quel avenir pour notre démocratie ? 

Dans notre diaporama, découvrez les 5 “points de pression” détaillés par Macron lors de son allocution mercredi soir. 

“Gouverner différemment"

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“Gouverner différemment"

"Nous devons apprendre à gouverner et à légiférer différemment", a énoncé Emmanuel Macron dès les premières minutes de son discours. Une chose semble désormais sûre : ce second quinquennat ne ressemblera pas au premier. 

Le président s’est ensuite désolé du taux d’abstention record enregistré dimanche dernier, avant de rappeler : "Voter est essentiel pour la vie de la nation".

Les mesures d’urgence toujours sur la table

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Les mesures d’urgence toujours sur la table

Autre point important abordé par le chef de l’Etat lors de son allocution : le programme et le calendrier du gouvernement demeurent, pour l’heure, inchangés. 

"Dès cet été, il nous faudra prendre des mesures d'urgence", a déclaré Emmanuel Macron. Parmi les mesures qu’il juge prioritaires, une loi sur le pouvoir d'achat, "de premières décisions pour le plein-emploi, des choix forts sur l'énergie et le climat, des mesures pour notre santé".

“La majorité présidentielle doit s’élargir”

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“La majorité présidentielle doit s’élargir”

Aucune force politique ne peut faire aujourd’hui les lois seules", a concédé le chef de l'État, "la majorité présidentielle est en effet relative, sa responsabilité est donc de s’élargir".

Le camp Macron pourrait-il chercher à débaucher les députés d’autres partis ? 

Ou revoir ses prises de position et emprunter à l’idéologie des deux autres forces de l’Assemblée, la Nupes et le RN ? 

Pas de gouvernement d’union nationale

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Pas de gouvernement d’union nationale

C’est un point sur lequel Emmanuel Macron a rapidement tranché : il n’y aura pas de gouvernement d’union nationale, c'est-à-dire un gouvernement constitué de tous les partis politiques présents à l’Assemblée. 

Le président s’est en effet heurté au refus des chefs de parti à qui la proposition aurait été faite. Concrètement, les dirigeants de parti pourraient également prendre désormais une plus grande place dans la vie politique du pays que lors du précédent quinquennat Macron. 

Un appel au compromis

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Un appel au compromis

Le scrutin, a rappelé le Président, a fait "de la majorité présidentielle la première force politique de l'Assemblée nationale" mais sans majorité absolue. Pour Emmanuel Macron, "sa responsabilité est donc de s'élargir, soit en bâtissant un contrat de coalition soit en construisant des majorités texte par texte".

"Pour avancer utilement, il revient maintenant aux groupes politiques de dire en toute transparence jusqu'où ils sont prêts à aller", a-t-il estimé.

Il a précisé que les discussions s’entameraient à son retour du sommet européen de jeudi et vendredi à Bruxelles. Il donne donc aux différentes forces politiques 48 heures pour y réfléchir. D’ici là, un remaniement ne semble pas à l’ordre du jour. 

Selon Fabien Roussel, interrogé par Franceinfo, le président “envisage aussi de construire des majorités de projets sujet par sujet, en fonction des thèmes”. 

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