Interview. Le 2 mai 2022, Jacques Pradel sortait son nouvel ouvrage intitulé "Mes archives criminelles", un condensé des affaires qui ont marqué le célèbre journaliste spécialisé dans les faits divers. Pour Planet, l'ex-présentateur de "Témoin numéro 1" s'est livré dans une session questions/réponses.
Jacques Pradel dévoile ses "archives criminelles" : "Je n’ai aucun goût pour la violence ou le macabre"©Urman Lionel/ABACAabacapress

"Mes archives criminelles ": Jacques Pradel se confie sur les histoires qui l'ont marqué

Perdu de vue, Témoin numéro 1, L'Odyssée de l'étrange, L'Heure du crime... Jacques Pradel est un véritable spécialiste des faits divers, ayant officié aussi bien à la radio qu'à la télévision. Le journaliste de 75 ans a passé une grande partie de sa carrière à raconter, analyser et comprendre les affaires criminelles qui ont touché les Français.

Le 2 mai 2022, le journaliste a publié aux éditions du Rocher son nouvel ouvrage intitulé Mes archives criminelle s qui revient sur les crimes qui l'ont particulièrement marqué. Issei Sagawa, Violette Nozière, La "femme sans tête de Miomo"...Telles sont quelques histoires macabres qui ont fait la Une de l'actualité. Jacques Pradel se confie à Planet dans une session questions/réponses.

  • Qu’est-ce que vous a poussé à rédiger ce nouvel ouvrage ?

Lorsque je rencontre des gens, il y a toujours une même question qui revient : "Vous avez raconté des centaines voire des milliers d’affaires, laquelle vous a le plus profondément marquée ?" J’ai fait ce livre pour répondre à cette question. En réalité, il n’y a pas qu’une réponse, car pour qu’une affaire criminelle marque particulièrement quelqu’un cela passe soit par le scénario du crime, soit la personnalité de la victime, soit l’époque à laquelle cela s’est passé ou l’état de la société. Comme on me pose toujours cette question, j’ai joué le jeu et j’ai fait la liste des affaires qui m’ont marqué.

Je n’ai aucun goût pour la violence ou le macabre mais plus pour le décryptage et l’explication afin de comprendre "le pourquoi du comment".
  • Dans certaines des affaires que vous remettez en lumière, vous vous attardez sur "l’après-crime" et les conséquences pour l’entourage, c’était important pour vous de parler de cet aspect-là ?

Il faut se souvenir que ce ne sont pas des fictions, qu’il y a des vrais meurtres et que pour les proches cela ne s’est pas passé il y a 20 ans, c’est comme si c’était hier pour eux. Ce sont des blessures qui ne cicatrisent pas. Je profite du fait de revenir sur ces histoires pour en dire un peu plus que ce qui est paru dans la presse, qui ne pouvait pas en dire plus à l’époque. Quand le temps passe, on apprend des choses, il y a des langues qui se délient. Pour le Japonais cannibale de Paris, j’ai voulu en dire beaucoup plus. Je me suis penchée sur l’histoire de cet homme en essayant de comprendre comment il avait été envahi par ce délire de manger quelqu’un et pour cela, je me sers de source dont j’ai eu connaissance.

  • Après tant d’années à étudier et raconter les affaires criminelles, qu’avez-vous retenu de la justice française ?

Ces histoires nous disent des choses sur l’état de la société de l’époque, admissible ou pas admissible. A l’image de Violette Nozière qui a empoisonné son père et raté de très peu sa mère. Quand on lui a demandé pourquoi elle avait fait ça, elle a tout de suite répondu 'Parce que mon père me violait depuis l’âge de 12 ans et que ma mère m’a rien dit' mais à l’époque l’inceste n’était pas un scandale national. On a retenu du personnage de Violette Nozière, dans les années 30, que c’était une voleuse, qu’elle se prostituait, que c’était une fille de mauvaise vie et qu’elle avait tué pour voler alors que l’on sait très bien maintenant avec le recul que ce n’était pas le cas. Je pense que la justice a pris cela en compte - beaucoup plus tard puisqu’elle a été réhabilitée - c’est donc que quelque part, il y a eu des regrets ou des remords.

Pour le fonctionnement de la justice, elle est rendue par des Hommes et par des jurés populaires qui jugent non pas en fonction des dossiers dont ils n’ont pas connaissance, mais en fonction de l’oralité des débats. Ils jugent en leur âme et conscience et parfois ils se trompent ou simplement la pression de la société, de l’opinion de l’époque fait que.

  • Vous avez également déterré d’anciennes affaires telle que "La femme sans tête de Miomo", attendez-vous quelque chose de cela ?

Bien sûr. Pour l’histoire de Miomo, je la raconte telle qu’elle s’est vraiment déroulée, comme le journaliste Antoine Albertini qui a repris l’affaire sur la base de documents de l’époque. Il y a des gens qui n’ont jamais été mis en cause et qui certainement auraient pu parler, cela laisse un goût d’inachevé parce que c’est terrible ce qui s’est passé pour cette jeune femme. On ne sait jamais, cela peut peut-être déclencher quelque chose même si je n’y crois pas trop (rires).

  • Le retour de vos programmes Perdu de vue ou Témoin numéro 1 seraient-ils envisageables de nos jours, à l’heure où l’information circule plus vite, notamment sur les réseaux sociaux ?

On me l’a proposé très souvent et j’ai toujours refusé en disant que ces émissions me paraissaient être adaptées justement à l’état de la société à une époque.

Il n’y avait pas la notion de "disparition inquiétante" à l’époque de ces deux émissions. En même temps, je constate que plus de 20 ans après, M6 a relancé une émission très proche, très comparable.

J’ai été très content de constater que la justice et la police collaborait à ce programme. Ils en ont mis du temps (rires). La clé, je crois, pour que cela ne devienne pas un jeu de société, il faut que ces émissions s’adressent à un public le plus large possible. Je crois qu’une émission comme Témoin numéro 1, on n’a pas besoin de moi pour la relancer, elle a été relancée par Julien Courbet. Il manque peut-être à cette émission quelques spectateurs.

Pour ceux qui souhaiteraient écouter de nouveau Jacques Pradel, le journaliste spécialiste des faits divers a enregistrer une émission sonore sur le site Podcast Story dans laquelle il revient sur le célèbre "Hold up en plein vol". 

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