Harvey Weinstein : sa condamnation pour viol remise en cause par la justice
Alors que l'ex-producteur vient d'échapper à un quatrième procès à New York, ces rebondissements en série remettent en perspective l'héritage symbolique du mouvement #MeToo. Entre procédures en appel et désistements, le sort pénal de l'ancien magnat d'Hollywood se redessine.
Un séisme judiciaire : la sentence de Californie en suspens
Une cour d'appel californienne a ordonné le réexamen obligatoire de la peine de 16 ans de prison prononcée en 2023 pour le viol d'une actrice européenne, indique Le Figaro. La défense a formellement contesté la validité des preuves présentées lors du procès initial à Los Angeles. Ce bouleversement du calendrier ouvre la porte à une possible réduction de peine ou à la tenue d'un nouveau procès en Californie. Le maintien de l'ancien producteur derrière les barreaux pour le reste de ses jours s'en trouve ainsi fortement questionné.
New York : la fin du bras de fer avec Jessica Mann
De l'autre côté du pays, les procureurs de Manhattan ont renoncé à organiser un quatrième procès pour viol au troisième degré. Cette décision fait suite au retrait de Jessica Mann, une plaignante essentielle qui a témoigné son épuisement après deux grands jurys et trois procès sans verdict unanime. Avant de jeter l'éponge, l'ancienne actrice avait notamment dû endurer un contre-interrogatoire éprouvant pendant cinq jours consécutifs.
"Après avoir échangé avec Jessica Mann, qui ne souhaite pas témoigner à nouveau, et conformément à notre approche centrée sur les victimes dans les poursuites pénales, nous avons informé le tribunal que nous ne rejugerions pas Harvey Weinstein", a précisé le procureur de Manhattan.
Un prédateur déchu face à son déclin physique
Lors de ses apparitions au tribunal, Harvey Weinstein affiche un visage émacié et se déplace exclusivement en fauteuil roulant. L'ancien homme fort du cinéma nourrit une angoisse profonde face à la détention prolongée. "Ca me fout une trouille bleue", a-t-il confié au Hollywood Reporter concernant l'idée de mourir en prison. Malgré ces récents abandons procéduraux, il demeure sous le coup d'une condamnation prononcée en 2025 pour agression sexuelle sur Miriam Haley, le parquet réclamant pour ces faits vingt ans d'enfermement selon Entrevue.
Le mouvement #MeToo à l'épreuve de la procédure
L'annulation en appel de sa condamnation de 2020 pour vice de forme continue d'assombrir les procédures actuelles. Le dossier de Jessica Mann démontre les lourdes conséquences pour les victimes, souvent contraintes de répéter leurs témoignages lors d'audiences étalées sur plusieurs années. Du côté de la défense, l'équipe légale réfute les accusations et dénonce un acharnement de la justice. Son porte-parole Juda Engelmayer a réaffirmé à l'AFP que "les faits le disculperont."
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