Procès en appel d'Isabelle Adjani : jusqu'à deux ans de prison requis contre l'actrice
L'affaire judiciaire de la comédienne césarisée se poursuit devant les tribunaux parisiens, après une première condamnation contestée, comme nous vous le révélions. Celle qui est l'une des dernières 'cônes du cinéma français a tenté d'infléchir la décision initiale en s'expliquant directement à la barre, abordant notamment sa "phobie des papiers."
Le réquisitoire de la cour d'appel : une fermeté maintenue
Le 2 avril 2026, le parquet général a réclamé une peine de 18 à 24 mois de prison avec sursis probatoire, assortie d'une amende de 250 000 euros avec exécution provisoire et de deux ans d'inéligibilité. L'avocat général Laurent Couderc a ainsi demandé la "confirmation totale du jugement de première instance", selon TV5 MONDE. Le magistrat a estimé que la présence physique de la prévenue n'a pas modifié l'analyse juridique des faits reprochés par le tribunal.
Les trois piliers de l'accusation : Portugal, prêt et blanchiment
La justice soupçonne la comédienne d'avoir simulé une domiciliation à Carcavelos, au Portugal, entre 2016 et 2017, dans le but d'éluder 236 000 euros d'impôts. S'ajoute à cela un versement de deux millions d'euros perçu en 2013 de la part de l'homme d'affaires Mamadou Diagna Ndiaye. L'accusation qualifie cette transaction de "donation déguisée" ayant permis d'échapper à 1,2 million d'euros de taxes. Enfin, Isabelle Adjani est accusée de blanchiment pour avoir fait transiter 119 000 euros vers le Portugal depuis un compte non déclaré aux États-Unis, afin de "dissimuler l'origine et la destination de ces fonds."
"Phobie des papiers" et "proie idéale" : la défense singulière de la star
À la barre, l'actrice a revendiqué une totale déconnexion administrative. "Je vais être honnête, je n'ai jamais rempli une fiche d'impôt. Et heureusement, car ça aurait été désastreux (...). J'ai la phobie des papiers", a-t-elle déclaré aux magistrats. Se défendant de toute malhonnêteté, elle s'est exclamée : "Je ne suis pas la voleuse du siècle", comme le rapporte l'AFP. Contestant l'image de manipulatrice, elle a déclaré : "Je suis la proie idéale et j'ai horreur de vous le dire". Lors de l'audience, elle a d'ailleurs tracé un parallèle avec la rumeur de 1987 prétendant qu'elle était atteinte du sida, expliquant, selon La Provence, que cette épreuve passée l'a rendue méfiante face aux divers "prédateurs."
Les zones d'ombre d'un entourage pointé du doigt
Pour expliquer ces irrégularités, Isabelle Adjani pointe la responsabilité de ses conseillers financiers. "Mes affaires, je les ai confiées à des gens pour qu'elles soient gérées en bonne et due forme", a-t-elle affirmé. La défense évoque l'emprise de certains collaborateurs et souligne un contexte financier difficile au moment des faits. "Je n'ai pas été capable de jauger sa virtuosité en la matière", a-t-elle reconnu concernant l'un de ses conseillers, selon La Provence.