TÉMOIGNAGE. Que se passe-t-il quand on meurt ? Certaines personnes ont la réponse. Christine Clémino-Naéglé a vécu une expérience de mort imminente lorsqu'elle était adolescente, après une tentative de suicide. Un voyage qu'elle a longtemps refoulé mais qui a, depuis, bouleversé vie.
Expérience de mort imminente : "C'est lumineux, c'est amour, c'est vivant"Illustration.Istock

Elle a frôlé la mort d’assez prêt pour pouvoir témoigner de ce qu’elle a ressenti. Christine Clémino-Naéglé a vécu pendant son adolescence ce qu’on appelle une expérience de mort imminente (EMI). Cette dernière a été médiatisée dans les années 1970 par un psychiatre américain, qui recueillait alors les témoignages de personnes sorties du coma. Depuis, certains y croient, d’autres pas, mais ceux qui l’ont vécue ne peuvent pas l’oublier. L’expérience de Christine Clémino-Naéglé a débuté avec son acte de suicide, qui l’a emmenée dans un voyage qui a, par la suite, bouleversé sa vie. Voici son témoignage.

"Dès mon plus jeune âge, je ne me suis jamais sentie à ma bonne place dans cette société. Je ne me sentais pas à l’aise, j’ai assisté à des scènes que je n’aurais pas dû voir. Je posais des questions insolites à mes parents, je me demandais à quoi servait la vie, pourquoi on était là, ce qu’était la mort. Des questions profondes auxquelles mes parents n’attachaient pas d’importance et auxquelles ils ne savaient pas répondre. Le fait d’avoir subi des attouchements sexuels par deux membres de ma famille ont fait que je me suis renfermée sur moi-même et sentie mal dans mon corps. Je ne pouvais pas en parler parce que ma mère était maniaco-dépressive, certainement très bousculée par sa propre enfance, du coup je n’ai pas osé en parler à ma famille et encore moins à mes parents, pour ne pas déranger".

Expérience de mort imminente : "Je me retrouve en dehors de la scène de l’accident"

À 15 ans, sa mère décédée, Christine Clémino-Naéglé songe au suicide. "Ça s’est passé en cours de mathématiques, j’étais révoltée contre le système scolaire, tout m’énervait, tout me dégoûtait. Je me suis levée, j’ai quitté la salle et personne ne m’a retenue. Je me suis dirigée vers un bâtiment, au troisième ou quatrième étage, je ne sais plus. Quand je montais les marches, mon état de conscience était déjà modifié, j’étais très sereine et je savais que ça allait bien se passer pour moi, car j’allais quitter ce corps que je n’appréciais pas forcément."

"Lors de la chute, je ne ressens pas le choc physique au sol, je n’ai aucune douleur. Je suis complètement sereine, déjà dans un état de béatitude totale et je me retrouve en dehors de la scène de l’accident. Je suis un peu dans un espace en noir et blanc, j’observe une scène où il y a un corps par terre, je ne reconnais pas que c’est moi, je vois des personnes qui s’affolent et qui crient : je me demande pourquoi ils s’affolent si je vais bien. Une ambulance rentre par le portail et je distingue tout ce qu’il se passe. Mon père arrive à pied, discute avec les ambulanciers et je peux suivre la conversation."

Elle suit alors l’ambulance jusqu'à l'hôpital, toujours au-dessus de son corps, dont elle est détachée. "Je me suis vue dans la salle d’opération, je n’ai pas fait attention que le corps était le mien, il était cassé en mille morceaux. J’ai vu deux chirurgiens debout, l’un travaillait sur le haut du corps, au niveau du dos et l’autre au niveau des pieds. Des compresses de sang tombent, je ne veux pas voir ça." 

Le moment d’après, Christine Clémino-Naéglé tombe dans le fameux tunnel.

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