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Défaut de dette, inflation, hausses des taxes… En 2019, les risques sont nombreux. Certains scénarios identifiés par la banque danoise Saxo Bank pourraient être dramatiques.
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5 crises susceptibles de vous ruiner : L’Allemagne entre en récession

"Nous sommes maintenant confrontés à une fin d’année difficile. En analysant 2019, nous pouvons imaginer au mieux une période de navigation difficile, et au pire, un scénario du film En pleine tempête", alerte la banque danoise Saxo Bank dont les informations sont reprises par Capital. Comme chaque année, l’établissement a identifié plusieurs menaces potentielles, susceptibles de bouleverser durablement l’économie mondiale – et donc, de facto, l’économie française. D’après le mensuel spécialisé en économie, ces risques seraient "peu probables" quoique "sous-estimés par les intervenants".

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L’entrée en récession de l’Allemagne figure parmi ces scénarios. D’après Saxo Bank, l’économie germanique pourrait tomber en récession dès le troisième trimestre de 2019, du fait d’un ralentissement des ventes de véhicule. "L’industrie automobile allemande était censée être un moteur de croissance avec 100 millions de voitures vendues en 2018. En fin de compte, elle n’a réussi à vendre que 81 millions de voitures soit à peine 2% de plus qu’en 2017 et bien en deçà des taux de croissance annuels de 5 à 10% qui ont caractérisé les années 2000", indique la banque.

"Si l’Allemagne sombre dans la récession, il y a de très fortes chances que ce soit également le cas pour la France. L’Allemagne est un client majeur de l’Hexagone et nos économies sont très largement interdépendantes. Mécaniquement, la crise se répercuterait sur notre économie. Ce qui signifierait, pour l’ensemble des Français, des taux en baisses, une chute des actions ou de l’immobilier. D’une façon générale, l’Etat redistribuerait moins d’argent, puisqu’il en aurait moins. Les pensions de retraite, par exemple, subiraient certainement une minoration", analyse pour sa part Philippe Crevel, directeur du cercle de l’Epargne et macro-économiste. "Reste que, si l’on constate effectivement un ralentissement de la croissance du PIB allemand et une certaine agitation sur le plan commercial, la situation devrait se décrisper. Il y a peu de chances qu’une telle situation arrive réellement", conclut-il.

5 crises susceptibles de vous ruiner : l’Union Européenne fait face à une crise de la dette

Face à une forte montée des dettes européennes, mais aussi des populismes en son sein, l’Union Européenne pourrait ne pas avoir le choix et être contrainte de procéder à une annulation totale ou partielle des fardeaux soutenus par les pays membres. Dans ce scénario de Saxo Bank, le rôle de l’Italie est prépondérant. En effet, comme le rappelle l’établissement, Rome est confrontée à "un énorme mur d’échéances qui devrait atteindre 300 milliards d’euros de refinancement en 2019". Mécaniquement, les autres banques européennes se retrouveraient affaiblies et toute l’Union serait rapidement contaminée.

Si les annulations de dettes ont permis la résolution de plusieurs crises financières, celle-ci pourrait toutefois avoir un impact catastrophique, souligne Philippe Crevel. C’est particulièrement vrai pour les épargnants. "N’oublions pas que la dette, c’est de l’épargne. Si l’on décide finalement de l’annuler, cela signifie que l’on tire un trait sur l’épargne, qui ne sera donc plus rémunérée. Quand un pan de la dette Grecque a été annulée, les assureurs ont absorbé le choc et ne l’ont pas fait payé aux épargnants mais si le procédé n’était que partiel. Face à une annulation totale, il n’est pas sûr qu’ils puissent en faire de même", rappelle l’économiste.

"Plus grave encore : il faudra gérer le jour d’après. Une fois la dette annulée, la France ne serait plus en mesure d’emprunter puisque personne ne prête aux Etats qui suppriment leur dette. Cela engendrerait une grave crise économique, comparable à une sortie de l’euro…", averti le directeur du Cercle de l’Epargne.

5 crises susceptibles de vous ruiner : Donald Trump limoge le patron de la Fed et relance l’inflation

Jerome Powell, actuel président de la banque centrale européenne, décide d’une hausse des taux directeurs dans le scénario de Saxo Bank. Problème : cette mesure engendre une chute de l’économie et des actions américaine… Et, in fine, un conflit avec Donald Trump. Celui-ci le limoge donc pour nommer quelqu’un de plus conciliant, quitte à relancer l’inflation, imagine l’établissement.

"Une hausse de l’inflation aux Etats-Unis ne serait pas sans conséquence sur le reste du monde ou sur l’Union Européenne. Elle signifierait, d’abord, la baisse du dollar et la montée de l’euro en plus de s’accompagner d’une forme de protectionnisme cachée. A partir de là, deux scénarios sont possibles : soit l’inflation américaine s’exporte en Europe – elle augmenterait donc sensiblement le coût de la vie au quotidien – soit le ralentissement induit par le protectionnisme de Donald Trump fait sombrer l’UE dans la récession. Cette possibilité ressemble beaucoup au premier scénario exploré et les conséquences sont les mêmes : baisse des pensions, chute des actions, etc…", analyse Philippe Crevel.

5 crises susceptibles de vous ruiner : le Royaume-Uni fait face à un hard Brexit, à la chute de la livre Sterling et l’élection du parti travailliste

Dans ce scénario, Theresa May ne parvient pas à négocier le Brexit avec le Parlement britannique. Elle décide donc de se retirer et, pour combler le vide, des élections anticipées sont organisées envisage Saxo Banque. "Avec un mandat populaire et une forte majorité au Parlement, le gouvernement de Corbyn s’engage dans une campagne socialiste inspirée du milieu du XXe siècle pour réduire les inégalités flagrantes au Royaume-Uni. De nouvelles sources de recettes fiscales sont exploitées, alors que Corbyn met en place la première taxe foncière très progressive au Royaume-Uni dans le but de faire disparaître les riches et réclame une aide à la Banque d’Angleterre pour financer un revenu de base universel", anticipe l’établissement, qui imagine également une renationalisation des services publics et des réseaux ferroviaires, provoquant une hausse de l’inflation outre-manche.

"Du fait des grosses incertitudes qui existent en Grande-Bretagne, c’est probablement l’un des scénarios les plus plausibles. Une élection de Corbyn n’est pas inenvisageable", estime Philippe Crevel, pour qui "dans tous les cas, les impacts seraient essentiellement locaux". "On peut même penser que les investisseurs quitteraient Londres pour gagner l’Union Européenne en cas de Hard Brexit", poursuit-il.

Si les épargnants français ne seraient pas trop malmenés par un ralentissement de l’économie du Royaume-Uni, certains secteurs seraient plus menacés. "C’est notamment le cas des agriculteurs et du secteur automobile, qui dépendent beaucoup du Royaume-Uni", juge le macro-économiste.

5 crises susceptibles de vous ruiner : l’instauration d’une taxe mondiale sur les transports

Les conditions climatiques difficiles et la crise écologique qui frappe le monde entier poussent l’intégralité des pays à instaurer une taxe mondiale sur les secteurs de l’aviation et des transports maritimes, dans ce dernier scénario imaginé par Saxo Bank. L’établissement envisage la fin des privilèges fiscaux dont jouissent ces deux secteurs et la répercussion de la taxe sur les consommateurs, plombant sensiblement les actions, tant en tourisme qu’en transport marchand.

"Tout dépend du niveau de la taxe", tempère pour sa part Philippe Crevel. "Dans la mesure où elle est mondiale, elle n’induit pas de distorsion de la concurrence, comme cela aurait pu être le cas si elle avait été locale. Et si elle n’est que de quelques centimes, l’impact serait minime. En revanche, si elle plus importante, elle pourrait tout à fait engendrer un ralentissement de la croissance mondiale et menacer près d’un quart des salariés français…", poursuit l’économiste pour qui cette possibilité demeure peu probable. "Il est très difficile de créer une taxe à échelle européenne. Il serait plus dur encore de créer une taxe à échelle mondiale, peu importe son rôle ou son utilité dans la crise écologique…", assène-t-il.