La décision d’EDF d’interdire l’accès aux sites nucléaires à un ingénieur musulman de 29 ans a récemment été confirmée par le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne.

Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a récemment confirmé un arrêté du Préfet de l’Aube qui refusait l’accès de sites nucléaires à un ingénieur de 29 ans.La justice a expliqué que le jugement avait été maintenu en raison, notamment, "des liens étroits" que l’ingénieur aurait entretenu avec "un imam impliqué dans le recrutement" de jeunes djihadistes, rapporte l’AFP.

Toutefois, selon Sefen Guez Guez, l’avocat du Collectif contre l'islamophobie (CCIF) en charge de la défense du plaignant, "il n'y a aucune preuve de ces supposés liens, cette décision qui s'appuie sur des affirmations non circonstanciées n'est pas digne d'un état de droit".

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La première décision n'avait pas été justifiée, le préfet invoquant "le secret défense"

Initialement autorisé à travailler dans les centrales nucléaires en 2012 et 2013, l’ingénieur s’était vu refuser l’accès à la centrale de Nogent-sur-Seine (Aube) en mars dernier suite à un avis défavorable de la Préfecture de l'Aube. La décision n’avait alors pas été justifiée, le préfet invoquant "le secret défense".

Estimant que l’avis défavorable avait été rendu en raison de sa religion, l’ingénieur était parvenu à faire suspendre cette décision en juin dernier devant le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne (Marne). Les juges avaient alors considéré qu’il y avait "un doute sérieux sur la légalité de la décision" étant donné que "ni EDF, ni le préfet de l'Aube n'ont précisé quelles caractéristiques justifiaient l'interdiction d'accès", détaille l’AFP.

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L’homme avait finalement été autorisé pour un temps à retourner sur les sites nucléaires. Mais en juillet 2014, EDF lui avait de nouveau interdit l’accès à un site nucléaire. Le refus avait alors été confirmé par la ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Énergie, indique le journal local L’Est éclair.

S’estimant injustement interdit, l’ingénieur avait alors introduit un recours devant la justice.

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