Affaire Bygmalion, stratégie européenne, guerre Juppé/Guaino... Le siège de président de l'UMP acquis dans la douleur n'a jamais paru autant inconfortable. Pour certains ténors du parti, la fin de son règne pourrait être proche.

© AFP

AFP

 

La position de Jean-François Copé semble de plus en plus délicate à tenir. La pression monte sur le maire de Meaux que ce soit à l'égard de sa stratégie pour les européennes ou concernant les remous de l'affaire Bygmalion.

Enclin à pointer au moindre couac gouvernemental le manque d'autorité de François Hollande, le président du parti d'opposition ne parvient pas à contenir la guerre civile qui couve au sein de l'UMP.

La stratégie européenne

Alors que le président de l’UMP a appelé les électeurs à infliger "un deuxième carton rouge" à François Hollande souhaitant ainsi enfoncer le clou des municipales, sa stratégie de "nationalisation" de la campagne ne fait pas l’unanimité dans son parti.

Lire aussi : Affaire Bygmalion : Lionel Tardy charge une fois encore Jean-François Copé

Interrogé à ce sujet au micro de Sud Radio hier, Laurent Wauquiez s’est démarqué de la ligne dictée par Jean-François Copé. "Je ne partage pas ça, pardon, je le dis très simplement. Les élections européennes c'est très sérieux, l'Europe c'est important" a déclaré le maire du Puy en Velay avant d’ajouter : "les Français ne sont pas des imbéciles".

Une position dont s’est fait sienne Alain Juppé qui a pour sa part affirmé sur TF1que le vote européen ne consistait pas à se prononcer "pour ou contre le gouvernement français". Celui qui a invité Henri Guaino a quitter l’UMP en a appelé au "bon sens" des Français martelant la nécessité de voter "pour le Parlement européen, (…)  pas pour le Parlement français".

Bygmalion en toile de fond

Empêtré dans l’affaire Bygmalion, le président controversé de l’UMP est très loin de faire l’unanimité dans son parti. Ce matin, c’est le député Lionel Tardy qui a appelé le maire de Meaux à faire la transparence sur les comptes de l’UMP.

Une initiative suivie dans la matinée par un autre député filloniste, Bernard Debré, qui a appeler la direction de son parti à s’exprimer sur cette affaire. "Je ne veux pas servir mon pays dans un parti qui sentirait le moisi" a-t-il ajouté sur le plateau d’I>Télé.

Mêmes exigences du côté de Gilles Carrez, président de la commission des finances de l'Assemblée nationale, qui a fait savoir sur les ondes d’Europe 1 que le président de l’UMP avait intérêt à faire acte de transparence "le plus rapidement possible" déplorant un "climat de doute, de suspicion".

De surcroît, trois élus UMP sont convoqués aujourd'hui comme témoins par la police dans le cadre des présumées surfacturations de prestation. Parmi eux, Pierre Lellouche qui avait signalé la semaine dernière avoir saisi son avocat pour défendre son nom dans cette affaire.

Publicité
"Cette fois, cela risque bien d'être la chute pour Jean-François Copé" confie un ténor UMP à Europe 1 sous couvert d’anonymat. Pour l’instant, la mobilisation autour des élections européennes protège en partie le leader du parti d’opposition. Selon un cadre du parti, toujours cité par a radio généraliste, personne ne va prendre le risque de "déboulonner" Jean-François Copé avant le 25 mai pour ne pas porter "le boulet de la division". Après cette échéance en revanche, les mécontents de la rue Vaugirard risquent d'être bien moins tendres.

 Voir sur le même thème : Jean-François Copé sur l'affaire Bygmalion

Publicité

Contenus sponsorisés

Publicité