Un député LFI accusé d'avoir insulté et bousculé des policiers à Marseille

Publié par Matthieu Chauvin
le 26/08/2026
Sébastien Delogu
abacapress
© Jumeau Alexis/ABACA
Une violente altercation survenue lors d'une intervention policière à Marseille oppose désormais le député Sébastien Delogu et trois fonctionnaires par plaintes judiciaires interposées.

Une opération de police au pied d'un immeuble résidentiel s'est transformée en un bras de fer judiciaire sous haute tension. Le député La France insoumise des Bouches-du-Rhône Sébastien Delogu et des agents des forces de l'ordre s'accusent mutuellement d'agressions verbales et physiques, conduisant la justice à déclencher des investigations immédiates.

L'événement : une interpellation mouvementée et deux versions irréconciliables

Les faits se sont déroulés le 24 août vers 15h15 dans le IIe arrondissement de Marseille. Trois agents du Service interdépartemental de sécurisation des transports en commun (SISTC), habillés en civil, interviennent au bas de la résidence de l'élu pour interpeller un individu suspecté du vol d'une montre de luxe.

Selon le récit des fonctionnaires, le parlementaire s'est interposé pour entraver leur progression dans le bâtiment tout en tenant des propos outrageants. Les policiers affirment que l'élu aurait notamment lancé la formule "La République, c'est moi", avant de déposer formellement plainte pour outrage à personne dépositaire de l'autorité publique.

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À l'inverse, le député et sa défense réfutent toute volonté de blocage délibéré. "Une personne en habit de civil que je ne connais pas m'intime de la laisser ouverte. Je ne connais pas la personne, je ne lui fais pas confiance car on m'a déjà menacé donc je refuse de la laisser ouverte", a rapporté Sébastien Delogu auprès de l'AFP. 

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Son avocat, Me Yonès Taguelmint, a déclaré sur BFMTV : "Il s'agit principalement d'un seul individu, habillé en tenue de civil devant l'immeuble de M. Delogu, qui n'a pas répondu à la demande d'identité, le ton est monté." L'élu dénonce des violences physiques ainsi que des insultes subies sur son palier ("tu es une merde", "trou du cul", "tu pues de la gueule") et a déposé plainte pour violences et injures.

Le décryptage : enquête judiciaire, vidéosurveillance et contexte explosif

Face à ces versions divergentes, le parquet de Marseille a ouvert une enquête de flagrance dès le 25 août afin d'établir le déroulement exact des faits.

L'exploitation des enregistrements issus des caméras de vidéosurveillance de la copropriété représente la clé de voûte du dossier. Les images permettront de déterminer si les agents ont présenté leur carte professionnelle dès le premier échange et d'identifier l'auteur des premiers gestes ou invectives. L'avocat du parlementaire a d'ores et déjà réclamé la saisine de l'Inspection générale de la Police nationale (IGPN).

Cet incident s'inscrit dans un climat de relations particulièrement dégradées entre le député insoumis et les syndicats de police marseillais. Sur le plan réglementaire, l'intervention d'agents en civil impose des obligations strictes d'identification immédiate lors des interpellations. L'outrage sur personne dépositaire de l'autorité publique, réprimé par l'article 433-5 du Code pénal, expose son auteur à une amende pouvant atteindre 7 500 euros et six mois d'emprisonnement. Si la version du député venait à être confirmée par les caméras, les agents visés risqueraient des sanctions disciplinaires ainsi que des poursuites pénales pour violences illégitimes.

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