Vers un congé de naissance de trois mois pour les jeunes parents ?

Publié par Sarah Martin
le 06/05/2026
Vers un congé de naissance de trois mois pour les jeunes parents ?
Istock
Un enfant faisant une sieste
Face à l'effondrement historique de la natalité en France, un rapport du Haut-commissariat au plan propose d'ajouter un troisième mois au futur congé de naissance, réservé aux pères.

Selon une information exclusive de RMC, une note du Haut-Commissariat au Plan, portée par l’ancien ministre délégué aux Transports Clément Beaune, propose d’ajouter un mois supplémentaire aux deux mois actuels de congé de naissance.

L’accès à ce troisième mois serait toutefois conditionné : il ne serait accordé que si le père prend effectivement un mois de congé, afin d’inciter les deux parents à s’impliquer et de favoriser un partage plus équilibré du temps consacré à l’enfant.

Le nouveau congé de naissance face aux défis familiaux

Avant même la publication de ces nouvelles recommandations, l'exécutif a déjà acté une refonte importante du système social. La loi du 30 décembre 2025 de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a créé un congé de naissance inédit. Ce droit supplémentaire s'ajoutera aux traditionnels congés maternité et paternité dès le 1er juillet 2026

Dans sa configuration actuelle, chaque parent pourra bénéficier d'un à deux mois de repos pour s'occuper de son nouveau-né. L'indemnisation se veut rassurante, bien que dégressive : la Sécurité sociale garantit 70 % du salaire net le premier mois, puis 60 % le second mois, dans la limite stricte de son plafond

Une mesure pour rééquilibrer les rôles 

Néanmoins, la note du 5 mai 2026 estime que les incitations purement financières atteignent leurs limites. Le document souligne l'importance d'une véritable "conciliation entre vie professionnelle et vie familiale ". Impliquer les pères très tôt permettrait de réduire la charge mentale pesant sur les mères et de favoriser l'épanouissement familial.

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L’objectif, c’est donc bien d’inciter les pères à prendre leur congé. "Le congés de naissance c'est ce qui marche le mieux quand on compare avec les dispositif étrangers. En Suède ce qui fonctionne bien, c'est quand vous avez des dispositifs non-transférables. C'est à dire l'obligation pour les deux parents de prendre un 'temps' de cette période. Ca permet de mieux partager les charges, d'avoir moins de contraintes pour les femmes pour retourner à l'emploi", explique Clément Beaune, Haut-commissaire au Plan, sur RMC ce 5 mai. "Ce n'est pas coercitif, c'est une liberté supplémentaire qui permet de rééquilibrer un peu les rôles. Et parfois d'avoir une discussion (dans le couple) qu'on a n'a pas toujours", indique Clément Beaune.

Calendrier et conséquences pratiques pour les salariés

L'application de la réforme s'approche pour de nombreux foyers. Ce dispositif de base sera ouvert dès le 1er juillet 2026 pour l'ensemble des parents dont l'enfant est né ou adopté depuis le 1er janvier 2026. Ce nouveau droit social s'accompagne de règles précises. Les bénéficiaires devront prendre ce congé dans les neuf mois suivant l'arrivée de l'enfant, avec une dérogation exceptionnelle fixée au 31 mars 2027 pour les bébés du premier semestre 2026. L'arrêt reste fractionnable en deux périodes distinctes d'un mois chacune.

Si le gouvernement applique le bonus réclamé par le Haut-commissariat au plan, les jeunes pères pourraient se voir attribuer ce troisième mois indemnisé. Cette mesure les encouragerait à quitter temporairement leur poste sans craindre de perte de revenus majeure. 

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