Depuis le 1er février, rouler coûte plus cher. Parfois beaucoup plus cher même. Et pour cause : la facture au péage, présentée par les concessionnaires d'autoroute, a nettement augmenté. Au point de rapporter des milliards aux sociétés en question…
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Péages : les milliards d’euros que touchent les concessionnaires

Elles s’appellent Eiffage, Vinci ou encore Abertis. Ce sont ces sociétés privés qui sont chargées de l’exploitation et de la maintenance d’une écrasante majorité du réseau autoroutier français. Une mission qui, indéniablement, leur réussit beaucoup : en 2017, le chiffre d’affaires accumulé par les groupes concessionnaires d’autoroute grimpe de 3,5 % par rapport à l’année précédente et excède les 10 milliards d’euros, selon l’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer) dont Capital relaie les informations.

Ces profits, qui sont générés par l’utilisation quotidienne des routes par les automobilistes français, ont d’ailleurs été dénoncés en 2014 par l’Autorité de la Concurrence. Elle pointait du doigt une "rentabilité exceptionnelle".

En pratique, cela se traduit par une hausse parfois très forte des tarifs des péages. En moyenne, ceux-ci ont augmenté de 9,5 % depuis 2011 explique Le Parisien. Une hausse qui cache d’importantes disparités selon les trajets. Certaines majorations de tarif sont comprises entre 6 % et 15 % tandis que pour d’autres trajets, la flambée des prix s’établit à… +34,06 %.

Ces importantes différences de prix résultent de l’existence de deux modèles, en matière d’autoroutes françaises : l’avant et l’après 2000. "Avant cette date, une nouvelle autoroute était adossée à la concession la plus proche, déjà existante. Les anciennes autoroutes finançaient les plus récentes. Après 2000, l’Europe impose plus de concurrence, et a exigé que l’Etat lance des appels d’offres pour construire et entretenir les nouvelles autoroutes", explique l’Association des sociétés françaises d’autoroute dans les colonnes du quotidien.

Et l’Etat a ensuite décidé de faire porter ce poids financier par les automobilistes. "C’est un choix politique. Les offres qui ont été retenues par l’Etat sont souvent celles où les subventions publiques pour financer ces autoroutes étaient les plus faibles. Et a contrario, celles où l’évolution des prix des péages était la plus élevée", résume un concessionnaire. En clair, c’est aux français de financer leur route et non à la France…

Péages : un rabais pour les gros rouleurs ?

Toutefois, cette forte hausse des tarifs s’accompagne d’un geste commercial, obtenu après une forte pression du gouvernement sur les opérateurs autoroutier. Certains automobilistes pourraient donc bénéficier d’un rabais de 30 % sur leurs trajets… Pour peu qu’ils fassent au moins dix allers retours par mois sur un même tronçon de route.

Cependant, mauvaise nouvelle : ce rabais ne concernera aucune des autoroutes récemment construites où les investissements ont été particulièrement coûteux et où le trafic de poids lourds est important. Sont également exclus les portions de routes comportant des tunnels, des viaducs, ou des ponts par exemple, souligne Boursorama

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