Véritable cheval de bataille de certains membres du gouvernement, la suppression des niches fiscales pourrait rapporter des sommes considérables à l'Etat. Votre portefeuille, en revanche, risque de moins apprécier la manœuvre…

Niches fiscales : vers une suppression partielle ?

Pour "baisser les impôts des classes moyennes", Emmanuel Macron entend supprimer "certaines niches fiscales" rapporte Le Figaro. Le quotidien, qui se base sur les informations de l'Agence France Presse, reprend certains éléments du projet d'allocution envoyé par le président aux rédactions. Et, comme Gérald Darmanin, le chef de l'Etat semble avoir fait de ce sujet un cheval de bataille. Ce qui n'a rien de très étonnant : en théorie, l'abolition de ces niches pourrait rapporter beaucoup.

"Le coût global des niches fiscales dépasse les 100 milliards d'euros depuis l'année dernière. Forcément cela signifie que, sur le papier, leur suppression permettrait de financer un certain nombre de réformes", rappelle Philippe Crevel, économiste libéral et directeur du Cercle de l'Epargne. "Toutefois, il ne faut pas oublier que dans chaque niche on trouve un chien et que la majorité d'entre eux ne sont pas gentils", poursuit-il non sans estimer que cela rend forcément la partition plus difficile à jouer.

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D'autant plus quand on sait quels sont les principaux points de dépenses. "En pratique, les niches fiscales les plus coûteuses profitent avant tout aux contribuables", rappelle l'économiste. "Au premier rang desquelles on retrouve les crédits d'impôts visant à favoriser l'emploi à domicile, qui coûtent près de 5 milliards d'euros par an. Les niches en faveur de l'investissement immobilier constituent elles aussi d'importants trous dans la couverture fiscale. Les pertes se comptent en milliers d'euros mais visent aussi à financer des secteurs entiers d'activité", souligne-t-il encore.

Le magazine mensuel Capital ne manque pas non plus de pointer du doigt l'abattement de 10% prévu pour les pensions de retraites, dont le coup est actuellement estimé à 4,2 milliards. "Peu importe à qui elle profite, une niche fiscale n'existe pas sans raison. Même les plus critiquées, comme les Sofica - des sociétés de financement de l'industrie cinématographique et de l'audiovisuelle - comptent leur nombre d'ardents défenseurs", pointe du doigt le directeur du Cercle de l'Epargne. "Bien sûr, de telles sociétés peuvent être utilisées comme des outils de défiscalisation mais l'annonce de leur suppression engendrerait immédiatement une importante levée de bouclier", juge Philippe Crevel.