Canicule à l'hôpital : le refus d'un climatiseur mobile pour une patiente de 83 ans crée la polémique

Publié par Matthieu Chauvin
le 26/06/2026
Femme âgée réanimation
Istock
Photo d'illustration
En pleine canicule exceptionnelle avec des pics à 35 °C à l'hôpital Louis-Mourier de Colombes, une famille s'indigne de l'interdiction d'installer un climatiseur personnel pour une patiente de 83 ans.

À Colombes, dans les Hauts-de-Seine, une patiente de 83 ans alitée depuis six mois subit de plein fouet l'envolée des températures à l'hôpital Louis-Mourier. Face à une chambre surchauffée, sa famille tente de trouver une solution d'urgence, mais se heurte de manière brutale au règlement de l'établissement public.

Une chambre d'hôpital à 35 °C et une famille bloquée par le règlement

Dans la chambre de cette octogénaire révèle BFM TV, le thermomètre affiche 35 °C. Cette donnée dépasse largement les seuils de confort thermique acceptables pour les personnes âgées. Selon les études gériatriques de l'AP-HP, une telle exposition à la chaleur augmente de 30 % les risques d'hyperthermie chez les patients vulnérables.

Inquiet de la dégradation de l'état de santé de sa mère, son fils prend l'initiative d'apporter un climatiseur mobile personnel. Il espère ainsi rafraîchir l'espace et soulager la malade. "On laisse mourir de chaud une femme de 83 ans au nom d'un règlement, c'est inhumain", dénonce-t-il amèrement auprès de nos confrères.

Toutefois, l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris s'oppose immédiatement à l'utilisation de cet appareil de confort. Malgré l'insistance des proches et l'état de grande faiblesse de la patiente, la machine est retirée. Cette interdiction déclenche une vive polémique concernant la prise en charge des épisodes de canicule dans les infrastructures de soins.

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Les raisons de sécurité et d'équité invoquées par la direction

Pour justifier son veto, l'hôpital avance des "impératifs de sécurité électrique", selon un récent communiqué de l'AP-HP. Les réseaux électriques hospitaliers sont conçus pour alimenter des dispositifs médicaux de pointe. L'ajout d'appareils énergivores non contrôlés par les services techniques présente un risque avéré de surchauffe ou de court-circuit, menaçant la sécurité de l'ensemble du service.

S'ajoutent à cela des normes sanitaires très strictes. Un climatiseur mobile non certifié par les agents de l'établissement risque de devenir un vecteur de contamination. Si les filtres et l'évacuation ne répondent pas aux standards d'hygiène, la prolifération de bactéries, comme la légionnelle, menace directement les personnes soignées.

L'établissement met également en avant un principe d'équité. Autoriser un équipement privé risquerait de créer une discrimination envers les patients isolés. Cette rigueur suscite l'incompréhension alors que le plan ORSAN de niveau 3 est activé. Ce dispositif impose la mobilisation de tous les moyens pour protéger les populations fragiles. Du côté social, la CGT AP-HP dénonce une "insuffisance de dispositifs de climatisation." Dans un vœu du CSE central du 18 juin 2026, le syndicat rappelle que la protection des malades relève des obligations de la direction, conformément à l'article L 4121-1 du Code du travail.

Droits des patients et obligations des hôpitaux face aux fortes chaleurs

L'apport d'équipements personnels reste hautement encadré. Les ventilateurs simples sont généralement tolérés après une inspection visuelle. À l'inverse, les climatiseurs dotés de systèmes d'évacuation sont systématiquement refusés pour prévenir les départs d'incendies.

Durant le plan ORSAN, l'hôpital a l'obligation d'aménager des zones rafraîchies, telles que des salles communes. Les soignants doivent y conduire les malades plusieurs heures par jour. Une logistique complexe alors que le 25 juin 2026, l'AP-HP enregistrait une hausse de 50 % des appels au SAMU et une centaine de passages aux urgences directement liés aux effets de la canicule.

En cas de température jugée dangereuse, les familles disposent de recours légaux. Elles peuvent saisir le médiateur de l'établissement ou contacter les représentants des usagers. L'action vise principalement à exiger un transfert immédiat vers une chambre climatisée et sécurisée.

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