En pleine polémique sur le 1er mai, la CGT propose un nouveau jour férié

Publié par Matthieu Chauvin
le 17/04/2026
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La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, vient de proposer l'instauration d'un douzième jour férié en France le 8 mars, afin de renforcer la lutte pour les droits des femmes. Démarche sincère ou provocation ?

Cette annonce intervient alors que l'exécutif réfléchit sérieusement à assouplir les règles encadrant le 1er mai (ce que Sébastien Lecornu vient de faire pour les boulangers et fleuristes "artisanaux"). Ce projet de nouveau jour chômé bouscule l'agenda social en liant intimement la question du temps de travail à la thématique de l'égalité professionnelle. 

L'offensive syndicale pour un 8 mars férié

Le 17 avril 2026, le syndicat a mis sur la table une revendication inédite concernant la Journée internationale des droits des femmes. La centrale syndicale demande que le 8 mars devienne une date chômée et rémunérée pour l'intégralité des salariés du pays. Le but affiché par les partenaires sociaux est d'offrir une visibilité retentissante à la lutte pour l'égalité et aux revendications salariales. Selon l'Insee, l'écart de rémunération moyen entre les femmes et les hommes persiste et s'élève encore à 14,9 % à poste égal.

Sophie Binet a explicité sa démarche dans la presse. "Nous proposons que le 8 mars devienne un jour férié, chômé et rémunéré pour que la lutte pour les droits des femmes soit au cœur de notre contrat social", a-t-elle déclaré selon Le Figaro. Cette exigence s'inscrit pleinement dans un rapport de force politique tendu. Elle vise à s'opposer fermement aux réformes du Code du travail envisagées par le gouvernement, particulièrement celles qui menacent le caractère obligatoirement chômé du 1er mai.

L'économie française peut assumer ce repos supplémentaire

Ajouter une célébration au calendrier national suscite systématiquement des interrogations financières. Pourtant, la France ne se distingue nullement par une abondance de fêtes légales. Les données publiées par Eurostat indiquent que le pays compte seulement 11 jours fériés, un volume inférieur à la moyenne de l'Union européenne qui s'établit à 12 jours. Des voisins géographiques proches comme l'Espagne ou l'Italie en accordent nettement plus à leurs travailleurs selon les réglementations régionales spécifiques.

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L'histoire récente prouve d'ailleurs que la gestion du temps de repos n'est pas figée dans le marbre. L'instauration de la journée de solidarité en 2004, qui a bouleversé le statut du lundi de Pentecôte, démontre la flexibilité de l'administration publique. Sur le strict plan macroéconomique, la CGT affirme vigoureusement qu'un repos de plus ne détruirait pas la productivité des entreprises. L'organisation syndicale avance même que ce temps libéré stimulerait la consommation des ménages orientée vers les secteurs des services et des loisirs.

Les impacts directs pour les salariés et les entreprises

Si cette proposition législative aboutit, les travailleurs bénéficieront d'une journée de récupération garantie, peu importe les spécificités de leur convention collective. Ce temps dégagé faciliterait une participation massive du public aux mobilisations en faveur des droits des femmes. À ce jour, l'article L3133-1 du Code du travail établit la liste des jours fériés et stipule que seul le 1er mai demeure obligatoirement chômé pour tous, sauf rares dérogations liées au service public ou à l'hôtellerie. Cependant, comme indiqué, sous la pression des syndicats de commerçants, le Premier ministre vient de faire une première concession. Avant d'ouvrir la boîte de Pandore ?

Du côté du patronat, une telle mesure exigerait une réorganisation structurelle des plannings annuels. Les directions d'entreprises devraient compenser le coût direct lié au financement de cette masse salariale improductive sur vingt-quatre heures. Pour exister juridiquement, cette initiative nécessite l'action des parlementaires. L'idée formulée devra faire l'objet d'une proposition de loi indépendante ou se greffer par le biais d'un amendement à un futur projet de loi dédié à la simplification du droit du travail.

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