Vers une remise en cause du jour férié chômé du 1er mai ?

Publié par Matthieu Chauvin
le 07/04/2026
1er mai
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Le 1er mai, dernier jour obligatoirement chômé en France, est-il sur le point de basculer ? Soutenue par Gabriel Attal, une proposition de loi examinée à l'Assemblée nationale ce 10 avril 2026 prévoit d'autoriser l'ouverture des commerces de proximité et des lieux culturels. Découvrez ce que ce changement majeur implique pour votre repos, votre rémunération et vos droits.

Le 1er mai, dernier jour obligatoirement chômé en France, plus pour longtemps ? Soutenue par Gabriel Attal, une proposition de loi qui sera examinée à l'Assemblée nationale le 10 avril 2026 prévoit d'autoriser l'ouverture des commerces de proximité et des lieux culturels. L'adoption d'un tel texte modifierait en profondeur les règles de repos et de rémunération pour des centaines de milliers de travailleurs français. Un débat de fond s'ouvre sur notre rapport au temps libre, alors que les oppositions se préparent à batailler dans l'hémicycle

Une offensive politique pour libérer le travail le 1er mai

L'exécutif a officiellement apporté son soutien, le 7 avril 2026, à cette proposition de loi très observée. Ce texte vise à autoriser le travail le 1er mai pour les commerces de bouche, tels que les boulangeries et les boucheries. Les fleuristes et les sites culturels, à l'image des cinémas ou des théâtres, figurent également dans cette liste restrictive. Sur le plan du calendrier législatif, la machine s'accélère.

Le Sénat a déjà adopté ce projet le 3 juillet 2025. Désormais inscrit à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale, il pourrait s'appliquer dès cette année si les députés votent en sa faveur. Selon Le Figaro, le Premier ministre Gabriel Attal et le ministre du Travail justifient cette manœuvre par une volonté de "donner plus de souplesse." Ils souhaitent surtout "sécuriser le cadre juridique" des commerçants qui ouvrent déjà leurs portes en dépit des sanctions encourues

Pourquoi le 1er mai est-il un sanctuaire du droit du travail ?

En France, la fête du Travail bénéficie d'un statut unique. L'article L3133-4 du Code du travail stipule que "le 1er mai est jour férié et chômé." Contrairement aux dix autres célébrations annuelles, l'absence d'activité reste la règle absolue. Seuls les services indispensables à la nation, comme les hôpitaux ou les transports, dérogent à cette obligation légale. Cette date porte un fort symbole social puisqu'elle incarne la journée internationale de lutte des travailleurs. L'intersyndicale s'inquiète grandement de cette réforme. 

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Dans un communiqué daté du 5 mars 2026, elle affirme que "l'ouverture de la dérogation au principe du repos rémunéré le 1er mai constitue une première brèche, remettant en cause l'exceptionnalité de cette journée." La CGT rapporte ses craintes d'une dérive vers une simple "loi Intermarché-Interflora." Jusqu'ici, une certaine tolérance profitait à quelques professionnels, notamment les vendeurs de muguet. Cependant, les rappels à l'ordre récents ont bousculé cette mansuétude. Conformément à l'article R3134-5-3 du Code du travail, l'amende pour l'emploi illégal d'un salarié s'élève de 750 euros à 1 500 euros. Face à la multiplication des procédures, la majorité présidentielle préfère entériner ces dérogations dans la loi.

Ce que cela change pour vous et votre budget

La proposition de loi insiste lourdement sur le principe du volontariat. Un patron ne pourrait théoriquement pas forcer son équipe à pointer. Les syndicats alertent toutefois sur "l'illusion du choix" dans les très petites entreprises, où la pression hiérarchique pèse davantage. Selon les chiffres de la Dares, 10,4 millions de salariés opèrent déjà en "horaires atypiques." L'extension du travail férié inquiète donc fortement les représentants du personnel, qui dénoncent une dégradation des conditions d'emploi.

Sur le plan financier, l'impact s'annonce très favorable pour votre portefeuille. L'article L3133-6 du Code du travail garantit que "les salariés occupés le 1er mai ont droit, en plus du salaire correspondant au travail accompli, à une indemnité égale au montant de ce salaire." Ce doublement de la paie s'applique obligatoirement, y compris pour les contrats à temps partiel. Pour le consommateur, la mesure assure un accès direct aux services de proximité pour acheter du pain frais ou organiser une sortie culturelle. Elle interroge cependant la disparition progressive de l'unique jour de repos commun à toute la société française.

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