Actuellement dans le viseur du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), certains médias pourraient subir des sanctions pour avoir diffuser de précieuses informations susceptibles de renseigner les terroristes.

Entretiens téléphoniques avec les terroristes, couverture des opérations du GIGN ou encore révélations sur les otages, et si les médias avaient eu un rôle dans les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes, à Paris ?

C’est ce qu’essaye de déterminer le CSA depuis la semaine dernière. Selon Le Canard enchaîné, un collège de travail en charge des problèmes de déontologie examine plusieurs heures d’images concernant les attentats.

A lire aussi : Attentats à Paris : une dizaine de personnes interpellées

Le 15 janvier, le CSA avait également réuni 40 patrons de chaînes de radio et de télévision pour une audition collective. Selon l’hebdomadaire satirique, ils auraient, quatre heures durant, affirmé qu’ils avaient fait "un travail exemplaire" et rejeté la diffusion d’infos sensibles sur le dos des "réseaux sociaux", voire sur celui de la police.

Trop d’info tue l’info

Pourtant, si l’on se penche de plus près sur les images et les informations diffusées par les grands médias, ces derniers ont commis quelques bourdes journalistiques, ne respectant pas l’appel du CSA à faire preuve de discernement par rapport aux évènements.

France 2 a ainsi interrogé la sœur "de l’otage présumé" de Dammartin-en-Goële alors que celui-ci se cachait sous un évier sans que les frères Kouachi ne lui soient tombés dessus. Et de TF1 à Itélé, les correspondants envoyés sur place filmaient les positions des policiers déployés sans se douter une seule seconde que les terroristes pouvaient avoir accès aux images.

A lire aussi : Quand les médias sont pris pour cibles par des attentats

Mais pour Le Canard enchaîné, la palme d’or revient tout de même à BFM TV. Outre les positions des forces d’intervention, la chaîne d’information a révélé en direct la présence "d’une femme et d’un enfant, cachés dans la chambre froide" de l’épicerie parisienne détenue par Amedy Coulibaly.

Encore mieux, ses journalistes ont tenté d’appeler les otages sur leur portable, l’imprimerie de Dammartin-en-Goële et l’Hyper Cacher et ont réussi à avoir les preneurs d’otages en ligne. Des preneurs d’otages que les négociateurs, qui auraient dû être les seuls à pouvoir le faire, essayaient de joindre sans y parvenir.

Selon Le Canard, Guillaume Dubois, le directeur de la chaîne, aurait toutefois tenu à féliciter ses équipes pour leur "mobilisation exemplaire". Le directeur de la rédaction, Gervé Géroud, aurait quant à lui assuré : "BFM TV n’a, à aucun moment, mis la vie des otages en danger".

Mais peut-on penser le contraire ? Si les frères Kouachi ou Amedy Coulibaly avaient pu regarder les chaînes d’information, ils auraient obtenu de précieuses informations et, dans le pire des cas, ils auraient pu trouver les otages cachés pour les exécuter.

Des suites juridiques ?

Publicité
Toujours selon Le Canard enchaîné, les principaux intéressés seront invités, début février, "à s’expliquer par écrit sur leurs exploits". Ce rapport pourrait alors donner lieu à des sanctions de la part du CSA qui, selon l’hebdomadaire, auraient plus la forme de simples remontrances.

A lire aussi : Attentats à Paris : le vacarmes républicain

Toutefois, le Conseil de l’audiovisuel pourrait également envisager des poursuites judiciaires en remettant "son étude au procureur de Paris".

A voir sur le même thème : Elise Lucet s'exprime sur les "témoignages sensibles" diffusés en direct 

mots-clés : Attentats, à paris, Médias

Recevez toute l'actualité chaque jour GRATUITEMENT !

X
Publicité

Contenus sponsorisés

Publicité