Après 20 ans de procédure, un couple récupère sa maison squattée « dans un état lamentable » : le squatteur veut faire appel

Publié par Sarah Martin
le 28/04/2026
Après 20 ans de procédure, un couple récupère sa maison squattée « dans un état lamentable » : le squatteur fait appel
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Photo d'illustration
Si la justice leur a donné gain de cause en septembre dernier, Georgette et David n’ont pu récupérer les clés de leur maison, occupée illégalement depuis des années, que ce vendredi 10 avril. Depuis, ils constatent l’ampleur des dégâts et des travaux de remise en état à prévoir.

La victoire laisse un goût amer à ces retraités qui espéraient jouir paisiblement de leur bien. Entre des dégradations majeures et un occupant décidé à contester sa condamnation judiciaire, ce dossier hors norme met en lumière les parcours du combattant auxquels s'exposent les victimes de squats.

Une libération amère après deux décennies d'attente 

La remise officielle des clés s'est déroulée le 10 avril 2026 en présence d'un huissier de justice. Cet acte marque la conclusion d'une interminable procédure entamée au début des années 2000. Les propriétaires ont pu franchir le seuil de leur domicile, mais le soulagement a vite laissé place à la stupeur.

Selon les informations rapportées par Midi Libre, le couple a retrouvé sa maison « dans un état lamentable ». Les installations électriques et la plomberie ont été arrachées. Fait particulièrement grave dénoncé par les victimes, l'occupant a délibérément bouché les canalisations avec du ciment. La saleté extrême témoigne d'années de négligence totale.

Face à ce saccage, Georgette, âgée de 78 ans, confie sa détresse aux journalistes de La Dépêche : « C’était pour ma retraite, toutes mes économies ». Le couple se retrouve aujourd'hui propriétaire d'une ruine nécessitant des travaux colossaux.

De l’artisan au squatteur 

Au départ, le propriétaire embauche un artisan pour réaliser des travaux dans la maison. Ce dernier installe sa famille sur place, sans aucune autorisation.

La situation prend une autre tournure lorsque l'occupant illégal tente d'escroquer de potentiels acquéreurs. Ce dernier n'a pas hésité à organiser une tentative de vente frauduleuse du bien en se faisant passer pour le véritable propriétaire.

La justice a fini par trancher en septembre 2025. Le tribunal a lourdement condamné l'individu à verser 70 000 euros de dommages et intérêts. Cette somme doit couvrir les loyers impayés accumulés depuis vingt ans ainsi que le préjudice moral et matériel subi par les retraités.

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Toutefois, le litige rebondit. Le squatteur a récemment officialisé son intention de faire appel de cette décision. Cette manœuvre juridique prolonge l'incertitude financière et morale pour Georgette et David, bien qu'ils aient physiquement réintégré les lieux.

Conséquences pour le propriétaire et moyens de se protéger aujourd'hui

Le cadre légal a évolué pour éviter ces situations interminables. La loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023, dite loi Kasbarian-Bergé, a durci le ton. Les peines pour violation de domicile passent de 1 an à 3 ans de prison, et l'amende bondit de 15 000 à 45 000 euros. La procédure d'expulsion administrative est désormais simplifiée. La FNAIM alerte d'ailleurs régulièrement sur la hausse des litiges liés aux locataires se maintenant dans les lieux sans titre.

Malgré ces avancées, la question de la solvabilité du squatteur demeure le point faible du système. Obtenir une condamnation à 70 000 euros de dédommagement risque de rester lettre morte si l'occupant se déclare insolvable et ne possède aucun revenu officiel saisissable.

Pour se prémunir, les experts recommandent de réagir dans un délai de 48 heures en déposant plainte, déclenchant ainsi l'intervention rapide des forces de l'ordre. Lors de la récupération d'un bien, faire constater les dégradations par un commissaire de justice s'avère indispensable pour engager des recours auprès des assurances. 

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