Certains retraités méritent d'être aidés plus que d'autres, d'après La République en Marche. C'est pourquoi la majorité parlementaire multiplie les propositions pour infléchir la réforme des retraites…

Réforme des retraites : ces gens que La République en Marche veut aider plus que d’autres

Hausse (partiellement revue) de la CSG, quasi-gel des pensions… Depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron, l’exécutif a sollicité a plus d’une reprise les retraités. Une situation qui a poussé un nombre considérables d’entre eux à se réunir sur les ronds-points avec d’autres "gilets jaunes" et à participer en masse au grand débat national qui doit prendre fin à la mi-mars. Une contribution dont s’est évidemment emparée la majorité parlementaire, qui a décidé de défendre le pouvoir d’achats d’une catégorie de Françaises et de Français qui se sont retirés du monde du travail.

Il faudrait donc "revenir sur la sous-indexation des pensions pour les retraités modestes", assure Stanislas Guerini, délégué général de la République en Marche (LREM). "Pour ceux-là, les retraites doivent augmenter en même temps que l’inflation", a-t-il déclaré, d’après les informations de Capital. Concrètement une telle proposition revient à dire qu’en 2019, certains retraités auraient du voir leur pension augmenter de 1,5% tandis que pour d’autre elle n’aurait du croître que de 0,3%, comme c’est le cas pour l’ensemble d’entre eux aujourd’hui.

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Problème : à partir de quand considère-t-on d’un retraité modeste ? Comme le rappelle le site du service public, le minimum vieillesse s’établit actuellement à 868,20 euros mensuels pour une personne seule. Son montant doit être revalorisé le 1er janvier 2020. Toutefois l’interrogation demeure qui sont exactement les concernés ? Comment cette mesure s’appliquerait-elle aux couples ? Du revenu fiscal de référence ou de la pension, quel est le montant pris en compte pour calculer la revalorisation ? Tant de questions soulevés par le mensuels qui, pour l’heure n’ont pas nécessairement de réponse.

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En outre, cela signifierait mettre en place un système de revalorisation pour une partie de la population concernée ainsi qu’un second pour tout le reste… En clair, les obstacles à l’application d’une telle mesure sont nombreux. Effets de seuil, risque d’inégalités dans la mise en pratique… Sans compter la possibilité que le Conseil constitutionnel la retoque après l’avoir jugée potentiellement discriminatoire.

"François Hollande, lorsqu’il était président de la République, avait proposé au moment du gel des pensions de ne pas l’appliquer aux retraités les plus modestes, mais il ne l’a pas fait", rappelle Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Epargne et macro-économiste.

Réforme des retraites : vers une revalorisation des pensions basée sur les revenus des actifs ?

"Nous étudions plutôt une indexation homogène par rapport aux salaires", affirme de son côté Jean-Paul Delevoye, le Haut-commissaire à la réforme des retraites. Concrètement, comme l’a déjà expliqué Planet, il s’agirait d’un système de revalorisation des pensions calculé sur la base des revenus des actifs : salaires, certes, mais aussi rémunération des indépendants et des fonctionnaires.

Ce point de base pour le calcul devrait cependant être minoré. Dans tous les cas, un tel système une revalorisation plus importante qu’en se basant sur l’inflation, puisque les salaires progressent généralement plus vite que les prix. D’autant plus qu’il est possible d’intégrer un seuil plancher aux calculs, de façon à empêcher une revalorisation inférieure à l’inflation…