La grogne monte chez les élus locaux. Le week-end dernier, de nombreux élus de la Creuse ont choisi de retourner le portrait du président de la République pour manifester leur mécontentement. 
AFP

Entre Emmanuel Macron et les collectivités locales, le torchon brûle. La semaine dernière la tension est montée d’un cran quand le président de la République s’est rendu sur la commune d’Egletons. La polémique qui a suivi son déplacement s’est largement concentrée sur un événement - le fameux ‘’bordel’’ prononcé par le chef de l’Etat - au point d’en évincer un autre : l’accueil auquel ont eu droit plusieurs élus locaux. Cela a poussé certains maires à retourner le portrait du président de la République affiché dans les mairies.

Tout commence par un rendez-vous manqué : "Quand le président de la République est venu à Egletons (Corrèze) pour parler de l’apprentissage, les élus de la Creuse lui ont demandé un rendez-vous officiel pour parler de la fragilité de nos territoires", explique le maire de Guéret, Michel Vergnier, avant d’évoquer le plan social de GM&S. "Nous avons eu un plan social très important, sur lequel nous ne revenons pas même si on aurait aimé que plus de salariés soient repris, seulement 120 ont été repris sur 272. Mais, dans des territoires comme les nôtres, on ne se reclasse pas. On voulait évoquer les solutions pour nos territoires, pour favoriser les possibilités d’emploi".

Le président de la République ne dégage pas de temps dans son agenda pour les maires et, ces derniers se plaignent d’avoir été reçus à la place "par les forces de l’ordre" et "les gaz lacrymogènes". Ils tentaient alors d'approcher l'endroit où se trouvait le chef de l'Etat.

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Non-action, réaction

L’Association des maires et adjoints de la Creuse (AMAC), dont Michel Vergnier est le président, a rapidement organisé une réunion peu après, à laquelle s’est rendue une centaine d’élus locaux. A cette occasion le maire de la commune de Monteil-au-Vicomte, Didier Martinez, a suggéré de retourner le portrait du président de la République. "Puisque le président de la République a refusé de nous voir, il n’y a pas de raison qu’on continue de le voir dans nos salles. C’est une symbolique. Tant qu’il ne nous a pas reçus, on retourne le portrait", raconte Michel Vergnier.

Impossible de savoir exactement combien de maires ont suivi la consigne, mais l’édile estime qu’il serait surprenant qu’ "au moins la moitié des maires de la Creuse" n’ait pas suivi le mouvement. Les maires de L’Indre et de la Haute-Vienne voisines ont été invités à en faire autant.

Les maires mécontents devraient être reçus à l’Elysée mardi prochain. Le compte-rendu de cette réunion sera notamment évoqué lors de l’assemblée générale de l’AMAC prévue pour le 21 octobre. Les élus n’excluent pas alors des actions plus dures. "Cela pourra prendre par exemple la forme d’une non-participation à toutes les réunions où on a besoin des maires, comme celles organisées par la préfecture", précise Michel Vergnier, ajoutant : "[ce sont] les maires en résistance".

Les maires, outre la suppression de la taxe d’habitation, s’inquiètent d’une manière plus générale d’une certaines "recentralisation". "C’est tout pour les métropoles, et nous on n’est pas dans une métropole, et on ne peut pas l’accepter. Nos territoires ne veulent pas survivre, ils veulent vivre", ajoute Michel Vergnier.

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