Selon une enquête de "L'Obs", le micro-parti de Marine Le Pen lui aurait permis de détourner près de 6 millions d'euros.
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Au début du mois de décembre, Mediapart écrivait que l’information judiciaire ouverte sur le micro-parti de la présidente du FN pour "escroquerie en bande organisée" et "faux et usage de faux" en avril dernier a finalement été élargie à "blanchiment en bande organisée". Selon un enquête de L’Obs, l’étau se resserre considérablement autour du micro-parti de Marine Le Pen, "Jeanne".

Plusieurs opérations juteuses menées par cette structure intriguent la justice. En effet, Jeanne affiche quelques 9.6 millions d’euros de recettes alors que les dons d’adhérents représentent 5.500 euros. En cause, des "kits de campagne" et des crédits  vendus aux candidats et visiblement surfacturés ou encore des liens troubles avec la société de communication, Riwal, qui gère bon nombre de prestations pour le FN et l’extrême droite en général.

Surfacturations et crédits

Afin que la promotion de chaque candidat FN soit uniformisée, Jeanne propose un "kit de campagne", pour la "modique" somme 16.500 euros. Celui-ci comprend affiches, tracts etc. Si ces petits candidats trouvent cela trop onéreux, un prêt équivalent à cette somme leur est accordé à un taux de 6.5% par le micro-parti de Marine Le Pen. Argument de vente : si le score dépasse les 5%, cette somme sera remboursée par l’Etat, et donc par le contribuable.

Si la manœuvre a tout de même de quoi intriguer, ce sont les relations entre Marine Le Pen et le prestataire qui intéressent la justice. En effet, L’Obs décrit un système de surfacturation mis en place par Jeanne avec la complicité de Riwal, la société de communication dirigée par Frédéric Châtillon, un vieil ami de la famille Le Pen et ancien président du GUD. La méthode : Riwal vendrait à ‘Jeanne’ ce fameux kit à un prix inférieur à celui que le micro-parti le revendrait aux candidats FN. "Pourquoi Jeanne joue-t-elle l'intermédiaire ?" s’interrogent nos confrères.

Notons au passage que ces fameux kits étaient vendus 2.500 euros lors des cantonales de 2011.

Selon l’hebdomadaire, le gain généré par cette manœuvre est estimé à 5.8 millions d’euros lors des législatives de 2012. Les sociétés spécialisées sollicitées par L’Obs évoquent une surfacturation d’un coût de cinq fois supérieur au prix réel au regard des prestations livrées. Les intérêts des crédits accordés pour se procurer ces kits de campagne auraient rapporté 400.000 euros à ce micro-parti pour la même période. Dès lors, la justice a approfondi ses investigations portant dorénavant sur la campagne présidentielle de 2012 précise L’Obs.  

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