Le maire LFI de Saint-Denis Bally Bagayoko épinglé pour un cumul d'emplois aux salaires hors normes

Publié par Matthieu Chauvin
le 06/08/2026
Bally Bagayoko
abacapress
© Apaydin Alain/ABACA
Le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, se retrouve au centre d'une vive polémique après des révélations sur son poste de cadre à la RATP, soulevant des questions d'éthique politique.

L'affaire secoue la mairie de la plus grande ville de Seine-Saint-Denis depuis le début du mois d'août. Les récentes révélations sur la situation professionnelle de l'édile relancent le débat épineux sur la rémunération des élus et la réalité de leurs activités annexes.

Alors que La France Insoumise prône régulièrement l'exemplarité absolue de ses représentants, le parti d'extrême gauche se retrouve directement interpellé par cette polémique touchant l'un de ses maires emblématiques. L'attention se porte désormais sur la légalité et la faisabilité d'un tel cumul d'activités, et les citoyens attendent des éclaircissements rapides.

Des révélations sur un double salaire à 6 000 euros par mois

L'hebdomadaire satirique Le Canard enchaîné a mis le feu aux poudres dans son édition du 5 août 2026. Son enquête décortique avec précision le contrat de travail liant Bally Bagayoko à la RATP, mettant en lumière une situation financière particulièrement confortable pour l'élu francilien. Selon les informations publiées par le journal, l'actuel maire de Saint-Denis percevrait toujours une rémunération de cadre supérieur s'élevant à plus de 6 000 euros mensuels pour ses missions au sein de la régie.

Ce recrutement attire aujourd'hui de vives critiques et fait l'objet d'un examen attentif. Embauché en l'an 2000 sans avoir passé de concours spécifique, l'élu a rejoint l'entreprise publique à une époque où la municipalité dionysienne évoluait sous l'égide du Parti Communiste. Le journal souligne que cette formation politique était alors un partenaire historique et influent de la régie parisienne.

D'après le JDD Patrick Braouezec, ancien maire PC de la ville, "replace cette arrivée dans le contexte de l’époque" : "C’était un moment où la RATP recrutait beaucoup dans la diversité et dans les quartiers."  Mais Kader Chibane, élu écologiste et leader actuel de l’opposition municipale affirme lui le contraire : "C’était clairement une embauche politique, fruit d’un deal avec le PC. À ­Saint-Denis, c’est un secret de Polichinelle."

Vous avez aimé cet article ?

À ce généreux salaire versé par la RATP viennent s'ajouter les indemnités inhérentes à son mandat exécutif local. À titre de comparaison, la réglementation fixe l'indemnité maximale d'un maire gérant une ville de plus de 100 000 habitants à environ 5 600 euros bruts mensuels. L'addition de ces deux sources de revenus garantit à l'édile un train de vie largement supérieur à celui de la majorité des élus locaux de la région.

Entre accord occulte et refus de l'entre-soi politique

L'opposition municipale s'est immédiatement emparée de ces révélations pour attaquer ce qu'elle qualifie de système organisé. Rapportant les éléments du dossier, le JDD du 5 août 2026 donne la parole aux adversaires politiques du maire qui dénoncent "un emploi politique né d'un accord occulte entre le PC et la régie de transports." Ces élus pointent du doigt une stratégie présumée visant à sécuriser les finances des figures politiques par le biais d'entreprises publiques d'envergure.

Tweet URL

Confronté à cette fronde, Bally Bagayoko rejette fermement les soupçons d'emploi de complaisance ou de poste fictif. L'élu LFI articule sa défense autour de sa volonté de préserver un ancrage professionnel fort, refusant de s'enfermer dans le costume d'un professionnel de la politique détaché des réalités du monde du travail. Il certifie avoir réellement accompli les missions confiées par son employeur durant ces dernières années.

Cette ligne de défense se heurte néanmoins à d'importants défis éthiques et juridiques. L'article L2123-1 du Code général des collectivités territoriales encadre strictement la conciliation entre une carrière professionnelle et l'exercice d'un mandat électif exigeant. La question fondamentale réside dans la preuve du "service fait" : les autorités compétentes pourraient chercher à déterminer comment un individu parvient à honorer un poste de cadre à plein temps tout en assurant la gestion quotidienne et prenante d'une commune aussi dense que Saint-Denis.

Google News Voir les commentaires